Né le 7 juin 1977 à Maisons-Alfort, Fabrice Éboué grandit à Vincennes puis à Nogent-sur-Marne avant de se tourner très tôt vers la scène et le café-théâtre. Repéré par Jamel Debbouze, il intègre le Jamel Comedy Club diffusé sur Canal+ entre 2006 et 2008, tremplin qui le fait connaître du grand public. Il rejoint ensuite la bande de chroniqueurs de Laurent Ruquier et multiplie les seule-en-scène remarqués. En 2011, il coréalise et coécrit Case départ avec Thomas Ngijol et Lionel Steketee, immense succès populaire, avant de retrouver le même tandem pour Le Crocodile du Botswanga en 2013. Il signe ensuite Coexister en 2017, Barbaque en 2021, où il incarne lui-même un boucher de banlieue devenu tueur en série, puis en 2025 Gérald le Conquérant, tourné sous la forme d'un faux documentaire consacré à un nostalgique de la royauté.
Formé au café-théâtre et à la scène du stand-up parisien, Fabrice Éboué cultive un humour mordant et grinçant qui doit beaucoup à sa formation au Jamel Comedy Club. Son cinéma s'inspire directement des débats de société contemporains, qu'il aborde frontalement en les détournant vers la comédie noire, souvent au prix de la controverse. Sa complicité artistique de longue date avec Thomas Ngijol, avec lequel il partage une même sensibilité pour l'humour transgressif, a durablement façonné son écriture.
Son cinéma se caractérise par une comédie satirique et volontiers provocatrice, qui n'hésite jamais à aborder des sujets sensibles sous l'angle de l'humour noir. Il explore régulièrement des formes narratives singulières, comme le faux documentaire dans Gérald le Conquérant, pour renouveler son approche de la satire sociale. Sa mise en scène reste avant tout au service du texte et de la performance comique, dans la continuité de sa formation de scène.
Fabrice Éboué reçoit le Molière de l'humour en 2024 pour son spectacle Adieu Hier, et il est fait Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres en 2012.
Thomas Ngijol demeure son collaborateur le plus constant, en tant que coscénariste, coréalisateur et partenaire de jeu sur plusieurs films depuis Case départ. Il a également retrouvé Lionel Steketee à deux reprises derrière la caméra.
Les questions d'identité raciale et communautaire, abordées avec un humour délibérément noir et sans concession, traversent une grande partie de son œuvre. La satire des institutions, du militantisme et de la société contemporaine occupe également une place centrale dans ses spectacles comme dans ses films les plus récents.