Vincent et Sophie sont des bouchers artisanaux dont le commerce familial est en pleine faillite et le couple en sérieuse crise. Leur vie bascule le jour où Vincent tue accidentellement un militant vegan radical qui avait vandalisé leur boutique quelques jours plus tôt. Paniqué, il décide de se débarrasser du corps en le transformant en viande, que sa femme vend par mégarde à leurs clients. À leur grande surprise, cette viande rencontre un succès fulgurant auprès de leur clientèle, poussant le couple à ouvrir la chasse aux vegans pour alimenter leur stock.
L'idée originelle est venue à Fabrice Eboué en observant l'omniprésence des débats sociétaux parfois agressifs entre les militants vegans et les amateurs de viande dans les médias français. Le réalisateur a eu l'inspiration de traiter ce sujet clivant sous le prisme de la comédie noire et du film de genre à l'humour très grinçant. Il a voulu s'inspirer du célèbre film belge C'est arrivé près de chez vous pour pousser l'absurdité humaine et le cynisme à leur paroxysme. Ce n'est pas une histoire vraie, mais une satire sociale corrosive sur l'extrémisme de tous bords et la bêtise humaine.
Les critiques professionnelles ont été globalement amusées par l'audace du projet, saluant un humour noir féroce et politiquement incorrect devenu rare dans le cinéma français. La presse a loué le duo comique formé par Fabrice Eboué et Marina Foïs, parfaits en petits bourgeois qui sombrent dans la folie meurtrière avec une déconnexion totale. Quelques critiques ont toutefois trouvé la farce un peu répétitive et gore sur la longueur. Du côté du public, le film a provoqué de grands éclats de rire mais aussi quelques grincements de dents chez les spectateurs les plus sensibles. Les amateurs de second degré et d'humour trash ont encensé le film pour son originalité et sa liberté de ton. Le long-métrage a réalisé un joli parcours en salles avant de devenir culte sur les plateformes de vidéo à la demande. Le film a été présenté avec succès dans plusieurs festivals de films fantastiques et de comédies.
Fabrice Eboué s'est beaucoup inspiré de films d'horreur comme Massacres à la tronçonneuse ou Sweeney Todd pour soigner l'ambiance visuelle de sa boucherie. Le tournage a connu des difficultés techniques amusantes pour créer de la fausse viande humaine qui ait l'air parfaitement appétissante et réaliste à l'écran sans dégoûter les acteurs. Une anecdote de tournage raconte que l'équipe a dû faire face à la curiosité de véritables bouchers qui venaient observer les méthodes de découpe des comédiens sur le plateau. Le casting a été écrit sur mesure pour Marina Foïs, dont le flegme naturel contraste merveilleusement bien avec l'horreur des situations vécues.
Le long-métrage aborde de manière satirique l'extrémisme idéologique, la dérive de la société de consommation et l'hypocrisie de la bourgeoisie provinciale. Il tourne en dérision la quête obsessionnelle du succès commercial, montrant comment un couple ordinaire peut abandonner toute moralité pour sauver son entreprise.
La fin du film montre le couple célébrer leur immense réussite commerciale lors d'un grand banquet avec leurs amis et leur gendre, lui-même vegan converti de force. Alors qu'ils pensent avoir commis le crime parfait, la police finit par s'intéresser d'un peu trop près à la provenance mystérieuse de leur viande d'exception, laissant planer la fin inévitable de leur macabre entreprise.
Le titre est un terme d'argot français familier et légèrement péjoratif utilisé pour désigner de la viande, faisant ici directement référence à la matière première humaine vendue par les protagonistes.
Le film est régulièrement cité dans les débats sur l'évolution de la comédie satirique française et la liberté d'expression au cinéma.
Sweeney Todd de Tim Burton, Eating Raoul de Paul Bartel, Les Nouveaux Sauvages de Damián Szifron.