Guy Ritchie naît en 1968 en Angleterre et se fait connaître à la fin des années 1990 avec des films de gangsters au ton résolument original. Son premier long métrage, Arnaques, crimes et botanique, sorti en 1998, impose immédiatement son style visuel et narratif si particulier. Le succès de Snatch, tu braques ou tu raques en 2000 confirme son talent et lui ouvre les portes d'Hollywood. Il connaît ensuite une période plus contrastée avec des projets moins consensuels, avant de retrouver un large succès public avec sa relecture moderne de Sherlock Holmes à partir de 2009. Il élargit encore sa palette en réalisant des films d'aventure et des adaptations de grande envergure pour les studios américains. Ritchie continue depuis d'alterner productions de studio ambitieuses et projets plus personnels ancrés dans l'univers du crime britannique qui l'a révélé. Son parcours illustre une trajectoire singulière, entre cinéma d'auteur stylisé et blockbusters populaires.
Ritchie revendique une forte influence du cinéma de genre britannique et du polar urbain, mais aussi du cinéma américain de gangsters. Il cite volontiers des réalisateurs connus pour leur sens du montage rapide et leur goût pour les récits choraux. La culture populaire londonienne, avec son argot et ses figures underworld, constitue une source d'inspiration constante dans ses scénarios. Il s'inspire également de la bande dessinée et du roman graphique pour la construction visuelle de certaines de ses séquences. Son goût pour l'humour noir et les dialogues percutants doit beaucoup à la tradition de la comédie criminelle britannique.
Le cinéma de Guy Ritchie se caractérise par un montage nerveux, des récits non linéaires et une multiplicité de personnages aux trajectoires entrecroisées. Il affectionne les effets de style visuels marqués, comme les ralentis et accélérés, pour souligner l'action ou l'humour d'une scène. Ses dialogues, souvent écrits dans un argot très travaillé, participent pleinement à l'identité de ses films. Il aime construire des intrigues complexes où le hasard et la coïncidence jouent un rôle narratif important. Cette approche stylisée, très reconnaissable, a fortement influencé le cinéma de genre britannique des décennies suivantes. Sa mise en scène reste énergique même dans ses productions les plus grand public.
Guy Ritchie n'a pas reçu de récompense majeure de type Oscar ou César au cours de sa carrière. Certains de ses films ont toutefois été nommés dans des catégories techniques lors de cérémonies britanniques et internationales. Le succès commercial de plusieurs de ses productions constitue néanmoins une reconnaissance importante de l'industrie à son égard. Il reste surtout salué par la critique pour l'originalité de son style plutôt que pour des récompenses institutionnelles.
Ritchie a travaillé à plusieurs reprises avec l'acteur Jason Statham, dont il a largement contribué à lancer la carrière au cinéma. Il collabore également de façon récurrente avec certains monteurs et directeurs de la photographie qui partagent sa sensibilité visuelle rythmée. Sur ses films plus récents, il a noué des collaborations durables avec des acteurs de renom souhaitant explorer son univers si particulier. Ces associations répétées contribuent à la cohérence stylistique de sa filmographie.
Le monde du crime organisé, souvent traité avec un mélange d'humour et de violence stylisée, constitue le cœur de son œuvre. La loyauté et la trahison entre personnages masculins reviennent fréquemment comme moteur dramatique de ses récits. Il aime également mettre en scène des systèmes complexes où plusieurs intrigues finissent par se rejoindre de façon inattendue. La culture populaire britannique, avec ses codes et son argot, imprègne enfin l'ensemble de sa filmographie.