Quatre jeunes Londoniens perdent une fortune lors d'une partie de poker truquée et se retrouvent contraints de rembourser une dette colossale en quelques jours. Pour s'en sortir, ils échafaudent un plan risqué impliquant un vol de drogue et d'argent appartenant à des malfrats locaux. Leur projet déclenche une réaction en chaîne impliquant plusieurs gangs rivaux de l'East End londonien. Le récit choral entremêle malentendus, trahisons et coups de théâtre dans un Londres interlope et survolté.
Guy Ritchie, alors jeune réalisateur issu du monde de la publicité, a voulu capturer l'argot et l'énergie de la pègre londonienne qu'il avait pu observer dans son entourage. Le scénario s'est construit autour d'une structure chorale inspirée des films de gangsters américains tout en restant ancré dans une réalité très britannique. Ritchie a financé une partie du projet grâce à des investisseurs privés convaincus par son court-métrage précédent. L'écriture privilégiait les dialogues percutants et l'argot cockney pour donner une identité sonore unique au film. Le réalisateur souhaitait également moderniser le genre du film de casse britannique, alors peu en vogue. Le tournage à petit budget s'est déroulé majoritairement dans les quartiers populaires de Londres. Le succès inattendu du film a relancé tout un courant de comédies criminelles britanniques dans les années qui ont suivi.
La critique britannique a salué l'énergie visuelle et le montage nerveux du film, jugé rafraîchissant pour le cinéma de genre national. Plusieurs observateurs ont comparé le style de Guy Ritchie à celui de Quentin Tarantino pour son sens du dialogue et de la structure éclatée. Le casting choral a été particulièrement apprécié pour sa cohérence et son énergie collective. Certains critiques ont toutefois jugé l'intrigue parfois confuse à force de multiplier les personnages. Le public britannique s'est largement reconnu dans l'humour noir et l'argot populaire du film. Le bouche-à-oreille a permis un beau succès en salles, dépassant largement les attentes initiales pour une production indépendante. Le film a rapidement acquis un statut culte auprès d'un public jeune et urbain. Son influence s'est ensuite étendue à l'international, notamment aux Etats-Unis. Le film a reçu plusieurs prix au sein de l'industrie britannique du cinéma, notamment pour sa réalisation prometteuse. Guy Ritchie a été remarqué comme un nouveau talent à suivre par de nombreuses récompenses de jeunes réalisateurs. Le film a également été nommé dans plusieurs catégories lors des BAFTA. Il reste considéré comme une œuvre fondatrice du renouveau du film de gangsters britannique.
Guy Ritchie s'est inspiré des films de Quentin Tarantino mais aussi du cinéma noir britannique des années 1960 pour construire son style visuel. Le tournage à très petit budget a contraint l'équipe à utiliser des décors réels de l'East End londonien plutôt que des studios. Jason Statham, alors plongeur professionnel sans expérience d'acteur, a été repéré par le producteur Matthew Vaughn pour son charisme naturel. Plusieurs acteurs du film venaient du milieu réel de la nuit londonienne, apportant une authenticité particulière aux dialogues. Le montage final a nécessité un important travail de réorganisation pour clarifier la structure narrative chorale. Le succès inattendu du tournage low-cost a ouvert la voie à une suite plus ambitieuse, Snatch, réalisée par Ritchie quelques années plus tard.
Le film explore l'engrenage de la dette, le hasard cruel et la solidarité forcée entre personnages dépassés par leurs propres mensonges.
Le dénouement, marqué par une série de coïncidences violentes entre les différents gangs, permet finalement aux quatre amis de récupérer leur argent presque par accident, soulignant le ton ironique et fataliste du film.
Le titre français évoque les multiples arnaques et combines qui structurent le récit, tandis que le titre original fait référence directe au poker et aux fusils, symboles de l'univers criminel dépeint.
Le film reste une référence régulièrement citée dans les rétrospectives consacrées au cinéma britannique des années 1990.
Snatch, RocknRolla, Pulp Fiction.