Né le 15 novembre 1967 à Paris, François Ozon se passionne très tôt pour le cinéma, tournant dès l'adolescence des courts métrages amateurs en Super 8 avec les membres de sa famille. Après une maîtrise de cinéma à l'université Paris-I, il intègre en 1990 le département réalisation de la Fémis, dont il sort diplômé en 1994, et où il rencontre ses futurs producteurs Olivier Delbosc et Marc Missonnier. Durant dix ans, il enchaîne les courts métrages remarqués en festivals, dont Une robe d'été, avant de passer au long métrage avec Sitcom en 1998. C'est Sous le sable, en 2000, avec Charlotte Rampling, qui lui apporte une large reconnaissance critique et publique, suivie l'année suivante par le triomphe de Huit Femmes, huis clos musical réunissant Catherine Deneuve, Isabelle Huppert et Fanny Ardant. Il poursuit avec une filmographie prolifique et éclectique, Swimming Pool, Le Temps qui reste, Angel tourné en anglais, Potiche avec Deneuve et Depardieu, ou encore Dans la maison, récompensé de la Coquille d'or à Saint-Sébastien. Plus récemment, il signe Grâce à Dieu, Été 85, Tout s'est bien passé, Peter von Kant, Mon Crime et Quand vient l'automne, avant d'adapter en 2025 L'Étranger d'Albert Camus.
Souvent comparé à Woody Allen pour sa capacité à produire presque un film par an en variant les genres, Ozon partage avec le cinéaste américain un goût prononcé pour l'exploration de la comédie autant que du drame. Le mélodrame flamboyant de Douglas Sirk et Vincente Minnelli irrigue directement des films comme Angel, tourné en anglais avec une distribution internationale. La littérature contemporaine, qu'il adapte fréquemment, de Ruth Rendell à Elizabeth Taylor jusqu'à Camus, constitue une source d'inspiration constante de son écriture. Son intérêt pour le théâtre de boulevard, notamment via Robert Thomas pour Huit Femmes, façonne également son goût pour l'artifice assumé et la stylisation.
Ozon alterne réalisme et artificialité revendiquée, recourant souvent à une forme de stylisation extrême, décors, costumes, musique, pour faire émerger une vérité cachée sur ses personnages et jouer sur la confusion entre le vrai et le faux. Ses scénarios s'attachent à relater le voyage intérieur de protagonistes majoritairement féminins confrontés à la difficulté d'affirmer leurs désirs dans une société normative. Il est l'un des rares cinéastes français à assumer à la fois la réalisation, l'écriture et la production de ses films, ce qui explique en partie l'incroyable régularité de sa filmographie. Sa mise en scène navigue sans complexe entre drame intime, comédie policière, thriller et comédie musicale, changeant de registre d'un film à l'autre avec une aisance rare.
François Ozon est l'un des réalisateurs français les plus souvent nommés aux César du meilleur film et du meilleur réalisateur, avec six nominations à ce jour, sans toutefois en avoir remporté un seul. Il reçoit en 2003 un Lumière de la meilleure mise en scène pour Huit Femmes, puis en 2012 la Coquille d'or du Festival de Saint-Sébastien pour Dans la maison. En 2026, il est distingué du prix du cinéma René Clair pour l'ensemble de son œuvre, et son film L'Étranger domine les nominations des Prix Lumières de la même année.
Le compositeur Philippe Rombi, rencontré en 1999 sur Les Amants criminels, signe la musique de la quasi-totalité de ses films depuis lors. Charlotte Rampling, révélée dans son rôle le plus marquant par Sous le sable, retrouve régulièrement le cinéaste, tout comme Catherine Deneuve, Isabelle Huppert et Ludivine Sagnier. Fabrice Luchini et André Dussollier comptent également parmi ses interprètes fidèles au fil des décennies.
Le désir féminin et la difficulté de l'affirmer dans une société normative ou violente constituent le fil conducteur le plus constant de son œuvre. La famille et ses secrets, souvent dissimulés sous des dehors respectables, reviennent dans un grand nombre de ses films, de Huit Femmes à Grâce à Dieu. La mort et la manière de l'apprivoiser, qu'il s'agisse du deuil, de la maladie ou de la fin de vie, occupent également une place importante, notamment dans Le Temps qui reste et Tout s'est bien passé. Ozon s'intéresse enfin constamment à la confusion entre vérité et fiction, à la frontière entre ce que les personnages montrent et ce qu'ils dissimulent réellement.