Né le 14 mars 1958 à Bailleul, Bruno Dumont enseigne la philosophie avant de se tourner vers le cinéma à la fin des années 1990. Il signe son premier long métrage avec La Vie de Jésus en 1997, portrait cru de la jeunesse désœuvrée du Nord de la France, tourné avec des acteurs non professionnels. Il remporte le Grand Prix du jury au Festival de Cannes à deux reprises, pour L'Humanité en 1999 puis pour Flandres en 2006, confirmant sa place parmi les cinéastes français les plus singuliers de sa génération. Il opère un virage plus ouvertement comique avec P'tit Quinquin en 2014, série policière décalée saluée par la critique, puis Ma Loute en 2016, comédie burlesque réunissant un casting prestigieux. Il continue de développer une œuvre radicale, oscillant entre gravité philosophique et absurde grotesque.
Dumont revendique l'influence de la philosophie, qu'il a lui-même enseignée, pour sa réflexion constante sur le mal, la grâce et la condition humaine, thèmes centraux de son œuvre. Il cite également l'influence du cinéma de Robert Bresson pour son goût des acteurs non professionnels et son refus de la psychologie explicative. Son attachement à la région du Nord de la France, où il a grandi, nourrit directement l'ancrage géographique de la quasi-totalité de sa filmographie.
Sa mise en scène privilégie une contemplation lente et une direction d'acteurs non professionnels, cherchant une vérité brute et corporelle plutôt qu'une performance construite. Il affectionne les paysages du Nord de la France, filmés avec une attention picturale qui contraste avec la crudité de ses récits. Sa filmographie récente bascule vers un burlesque grotesque assumé, mêlant absurde et réflexion métaphysique sous-jacente, notamment dans P'tit Quinquin et Ma Loute.
Bruno Dumont a remporté le Grand Prix du jury au Festival de Cannes à deux reprises, pour L'Humanité en 1999 et pour Flandres en 2006, une reconnaissance rare et prestigieuse pour un cinéaste aussi radical. L'Humanité avait également valu à ses deux acteurs principaux des prix d'interprétation à Cannes la même année.
Il travaille systématiquement avec des acteurs non professionnels issus du Nord de la France pour ses films les plus radicaux, une méthode qu'il conserve depuis ses débuts. Il a également dirigé des acteurs professionnels prestigieux comme Juliette Binoche et Fabrice Luchini sur Ma Loute, contraste notable avec sa méthode habituelle.
Le mal et la possibilité de la grâce, traités à travers un prisme quasi religieux malgré l'apparente crudité des récits, constituent le cœur de l'ensemble de son œuvre. La région du Nord de la France, filmée entre misère sociale et beauté picturale, traverse également la totalité de sa filmographie. Le corps et sa matérialité brute, jamais esthétisée, revient enfin de façon constante dans son cinéma le plus radical.