Né en 1980 à Lyon, Pierre Perifel se découvre une passion pour l'animation dès le lycée et passe trois années à l'École Émile-Cohl avant de rejoindre les Gobelins à Paris en 2002, dont il sort diplômé en 2005. Il travaille d'abord comme animateur en France sur des films tels que Georges le petit curieux, Nocturna, la nuit magique, Tous à l'Ouest ou L'Illusionniste de Sylvain Chomet. En 2008, il s'installe aux États-Unis pour rejoindre DreamWorks Animation, où il débute comme animateur de personnages sur le court métrage Kung Fu Panda : Les Secrets des cinq cyclones, qui lui vaut un Annie Award. Il gravit ensuite tous les échelons du studio, de l'animation de personnages à la direction d'animation, en travaillant notamment sur Kung Fu Panda 2, où il anime intégralement le personnage de Lord Shen, puis sur Les Cinq Légendes en tant que chef-animateur. En 2018, il réalise son premier court métrage professionnel, Bilby, présenté en ouverture de la cérémonie de clôture du Festival d'Annecy et récompensé au Siggraph. Fort de ce succès, il devient en 2022 le premier réalisateur français à diriger seul un long métrage d'animation américain avec Les Bad Guys, dont il signe également la suite, Les Bad Guys 2, sortie en 2025.
Pierre Perifel puise son inspiration visuelle pour Les Bad Guys dans le cinéma de braquage et d'action de Quentin Tarantino, citant explicitement Reservoir Dogs et Kill Bill comme modèles d'un film pour enfants qui en emprunterait les codes. Sa formation en dessin traditionnel et en illustration, acquise à Émile-Cohl puis aux Gobelins, nourrit une approche différente de celle de nombreux animateurs formés uniquement à la 3D, avec un souci constant de la vue d'ensemble sur les personnages. Son parcours d'animateur, en particulier sur des films comme Kung Fu Panda ou Les Cinq Légendes, lui a permis d'observer de l'intérieur le travail de plusieurs générations de réalisateurs de DreamWorks avant de passer lui-même à la mise en scène.
Le cinéaste revendique un style graphique illustratif, stylisé et caricatural, proche d'une sensibilité de bande dessinée franco-belge, filmé avec des techniques empruntées au cinéma d'action, notamment des mouvements de caméra dynamiques. Sur Les Bad Guys, il a délibérément cherché à s'éloigner de l'esthétique traditionnelle de DreamWorks pour proposer un rendu moins lisse, plus proche des illustrations originales de l'auteur des livres, Aaron Blabey. Son expérience d'animateur de personnages, plutôt que de scénariste ou de monteur, lui donne une approche de la réalisation centrée sur le jeu des acteurs numériques et la cohérence de l'équipe de fabrication, qu'il connaît personnellement dans le détail. Il aime mêler énergie et humour à une vraie profondeur émotionnelle, sans jamais sacrifier le rythme du film.
Pierre Perifel a reçu un Annie Award pour son travail d'animateur sur le court métrage Kung Fu Panda : Les Secrets des cinq cyclones. Son court métrage Bilby a remporté le prix du choix du jury au Siggraph 2018. Les Bad Guys, son premier long métrage en tant que réalisateur, a rencontré un large succès critique et public, sans toutefois être distingué aux Oscars ou aux César, où il n'a pas été retenu en nomination.
Pierre Perifel a coréalisé Bilby en collaboration avec Liron Topaz et JP Sans au sein du programme DreamWorks Shorts, mis en place par Chris DeFaria. Sur Les Bad Guys et sa suite, il dirige un casting vocal français emmené par Pierre Niney, Igor Gotesman, Jean-Pascal Zadi et Alice Belaïdi. Il a gardé des liens amicaux avec plusieurs anciens camarades de l'École Émile-Cohl et des Gobelins, comme Cédric Babouche, Xavier Ramonède ou Annette Marnat, devenus eux aussi des figures reconnues de l'animation et de la bande dessinée.
La rédemption et le passage d'une identité de "méchant" à celle de personnage capable de bienveillance structurent l'intrigue des Bad Guys et de sa suite. L'esthétique du casse et du film de gangsters, détournée pour un public familial, traverse également le travail de mise en scène de Pierre Perifel. La question du groupe et de la solidarité entre personnages que tout semblait opposer, reflet peut-être de son expérience de meneur d'équipes nombreuses chez DreamWorks, occupe aussi une place centrale dans son cinéma.