Né le 22 août 1980 à Bondy, en Seine-Saint-Denis, cinquième d'une fratrie de dix enfants issue d'une famille ivoirienne installée en France à la fin des années 1970, Jean-Pascal Zadi se lance d'abord dans la musique au sein du groupe de rap La Cellule. Il passe à la réalisation en 2005 avec le documentaire Des halls aux bacs, consacré au rap français indépendant, avant de réaliser trois longs métrages entièrement autoproduits entre 2008 et 2011, Cramé, African Gangster et Sans pudeur ni morale, ce dernier tourné avec seulement cinq mille euros. Il rejoint en 2013 l'équipe du Before du Grand Journal sur Canal+, où il présente et réalise plusieurs chroniques consacrées aux quartiers populaires. En 2020, il coréalise avec John Wax et interprète Tout simplement noir, comédie satirique sur la sous-représentation des Noirs en France, qui lui vaut le César du meilleur espoir masculin en 2021. Il crée ensuite la série En place pour Netflix, qu'il coréalise et interprète dès 2023, ainsi que l'émission de sketchs Kôkôrikô! sur Canal+ à partir de 2023. Il poursuit également une carrière d'acteur remarquée, notamment dans Fumer fait tousser et L'Année du requin.
Son parcours dans le rap indépendant et l'autoproduction, mené avec des budgets extrêmement modestes, façonne durablement son approche artisanale et débrouillarde du cinéma. Son expérience personnelle de la sous-représentation des Noirs dans les médias et le cinéma français nourrit directement le sujet de Tout simplement noir, pensé comme une comédie satirique et autodérisoire plutôt que comme un pamphlet militant. La culture des quartiers populaires, qu'il a longtemps mise en avant dans ses chroniques télévisées, irrigue également l'ensemble de son écriture comique.
Zadi privilégie un humour engagé mais jamais moralisateur, mêlant satire sociale et autodérision pour aborder des sujets sensibles comme le racisme ou les questions identitaires. Sa mise en scène, tournée en léger sans grue ni travelling sur Tout simplement noir, mise sur une caméra mobile et une énergie de tournage proche de l'improvisation pour capter la spontanéité de ses interprètes. Il construit volontiers ses récits sous une forme de faux documentaire, mêlant personnalités réelles et fiction, pour brouiller les frontières entre témoignage et comédie.
Jean-Pascal Zadi remporte le César du meilleur espoir masculin en 2021 pour son rôle dans Tout simplement noir, qu'il a également coécrit et coréalisé. Il est fait chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres en 2023.
Le photographe et réalisateur de clips John Wax, coréalisateur de Tout simplement noir, constitue l'un de ses partenaires créatifs les plus marquants. L'humoriste Fary, qui lui propose l'un de ses premiers grands rôles avant d'apparaître à ses côtés dans Tout simplement noir, occupe également une place importante dans son parcours.
La représentation des Noirs dans la société et les médias français, abordée avec humour et sans militantisme frontal, constitue le motif central de son œuvre. Les questions d'identité et d'appartenance, notamment liées à ses origines ivoiriennes, traversent également une large partie de son travail. Zadi s'intéresse enfin à la réussite en dehors des circuits traditionnels, thème qu'il incarne lui-même à travers un parcours mené depuis l'autoproduction jusqu'à la reconnaissance institutionnelle.