JP, comédien d'une quarantaine d'années dont la carrière peine à décoller, décide d'organiser la première grande marche de contestation noire en France pour dénoncer la sous-représentation des Noirs dans la société et les médias. Pour donner de l'ampleur à son projet, il part à la rencontre de personnalités influentes de la communauté noire, entre humoristes, rappeurs et anciens sportifs, filmé par une équipe de télévision qui documente ses démarches souvent burlesques. Au fil de ses rencontres, JP découvre que les identités noires sont bien plus diverses et complexes qu'il ne l'imaginait, entre engagement militant sincère et opportunisme médiatique.
Le film naît de la volonté de Jean-Pascal Zadi d'aborder sur le mode de la comédie un sujet rarement traité frontalement dans le cinéma français, celui de la représentation des Noirs dans la société et les médias hexagonaux. Coréalisé avec John Wax, dont l'humour plus corrosif vient équilibrer le ton plus absurde et engagé de Zadi, le film adopte la forme du mockumentaire pour donner une dimension d'authenticité aux nombreuses rencontres burlesques vécues par le personnage principal, largement inspiré de sa propre expérience de comédien.
La critique salue unanimement l'audace du film à traiter un sujet sensible avec humour et intelligence, soulignant sa capacité à dépasser les clichés communautaires pour montrer la pluralité des identités noires en France. Plusieurs observateurs saluent également la mise en scène fluide et dynamique, portée par une caméra toujours en mouvement malgré des moyens de production limités. Le public réserve un accueil très favorable au film dès sa sortie en juillet 2020, en pleine période de reprise des salles de cinéma après la crise sanitaire, ce qui contribue à en faire l'un des événements comiques marquants de cette année particulière. Jean-Pascal Zadi obtient le César du meilleur espoir masculin en 2021 pour son interprétation, tandis que le film est sélectionné en compétition pour le prix du public au Festival du nouveau cinéma de Montréal.
Le film réunit une impressionnante galerie de personnalités françaises jouant leur propre rôle, parmi lesquelles des humoristes, des rappeurs et d'anciens sportifs, contribuant à brouiller la frontière entre fiction et documentaire propre au genre du mockumentaire. Le scénario a été coécrit par Jean-Pascal Zadi et Kamel Guemra, avec la collaboration de Fabrice Eboué et John Wax, dans une volonté d'aborder le sujet du communautarisme par l'absurde plutôt que par le discours frontal. L'affiche du film, qui détourne le portrait officiel présidentiel, illustre d'emblée le ton satirique assumé par les deux réalisateurs dès la promotion du long-métrage. De nombreuses scènes reposent sur une part d'improvisation, notamment lors des rencontres entre le personnage de JP et les diverses personnalités qui apparaissent dans son propre rôle.
Le film interroge la diversité des identités noires en France, trop souvent réduites à une communauté uniforme dans le débat public, ainsi que la question de la représentation à l'écran et dans les médias. Il aborde également l'opportunisme médiatique, l'engagement militant sincère face au calcul personnel, et les rapports familiaux à travers la relation entre JP et son père.
La marche organisée par JP ne rassemble finalement qu'un nombre restreint de participants, loin de l'ampleur qu'il espérait, mais cet échec relatif lui permet paradoxalement de se rapprocher de son père et de mieux comprendre ce qui compte réellement pour lui, au-delà de la reconnaissance médiatique qu'il recherchait au départ.
Le titre Tout simplement noir joue sur l'idée reçue d'une identité noire unique et homogène, que le film s'attache justement à démonter en montrant la multiplicité des parcours, des origines et des points de vue au sein de cette communauté qu'on voudrait parfois réduire à un seul mot.
Depuis le succès du film, Jean-Pascal Zadi a poursuivi une carrière en pleine ascension au cinéma et à la télévision, le César obtenu pour ce rôle ayant marqué un tournant dans sa reconnaissance auprès du grand public.
Astérix et Obélix : l'Empire du Milieu, Case Départ, Boomerang.