Né le 16 janvier 1955 à Paris, Philippe Lioret débute sa carrière comme ingénieur du son avant de passer à la réalisation à la fin des années 1980. Il connaît une reconnaissance critique avec Tombés du ciel en 1993, puis Mademoiselle en 2001, avant de confirmer son talent avec L'Équipier en 2004, drame situé dans un phare breton porté par Philippe Torreton. Il enchaîne avec Je vais bien, ne t'en fais pas en 2006, adaptation du roman d'Olivier Adam qui révèle Mélanie Laurent, puis Welcome en 2009, drame social sur la situation des migrants à Calais qui suscite un important débat public et une reconnaissance critique majeure. Il poursuit avec Toutes nos envies en 2011, puis Le Fils de Jean en 2016, confirmant son attachement à un cinéma social et humaniste porté par une grande sensibilité.
Lioret revendique l'influence du cinéma social français et de sa propre expérience d'ingénieur du son, qui a nourri une attention particulière à la texture sonore de ses films. Il cite également l'influence de la littérature contemporaine française pour son adaptation de plusieurs romans, notamment celui d'Olivier Adam pour Je vais bien, ne t'en fais pas. Son engagement humaniste, visible dans Welcome, nourrit une réflexion constante sur les questions migratoires et les injustices institutionnelles.
Sa mise en scène privilégie la sobriété et la retenue émotionnelle, refusant tout pathos appuyé au profit d'une empathie sincère envers ses personnages. Il porte une attention particulière à l'ancrage géographique de ses récits, qu'il s'agisse d'un phare breton ou de la ville de Calais, transformant le décor en véritable personnage. Sa direction d'acteurs privilégie la justesse et la sincérité, révélant souvent de jeunes talents à travers des rôles marquants.
Welcome a reçu le prix Louis-Delluc en 2009 ainsi que plusieurs nominations aux César, saluant son traitement courageux de la question migratoire à Calais. Je vais bien, ne t'en fais pas a valu à Mélanie Laurent le César du meilleur espoir féminin en 2007. Philippe Lioret demeure l'un des réalisateurs français les plus reconnus pour son cinéma social exigeant et humaniste.
Il a travaillé à plusieurs reprises avec l'acteur Philippe Torreton, notamment sur L'Équipier et Welcome, formant avec lui une collaboration marquante de sa filmographie. Il a également révélé Mélanie Laurent dans Je vais bien, ne t'en fais pas, avant qu'elle ne connaisse une carrière internationale bien plus large.
L'exil et les injustices institutionnelles, en particulier celles subies par les migrants, constituent le cœur de Welcome, son film le plus emblématique. Le secret de famille et ses répercussions sur plusieurs générations reviennent également de façon récurrente, notamment dans Je vais bien, ne t'en fais pas. La solitude et l'isolement géographique, souvent traités comme un miroir de l'isolement intérieur des personnages, traversent enfin une large partie de son œuvre.