Lionel Bailliu entame sa carrière professionnelle dans le monde de l'entreprise avant de se réorienter vers le cinéma, une expérience qui nourrira directement son regard de cinéaste sur le monde du travail. Il se fait remarquer avec Les Insoumis en 2008, fiction inspirée des restructurations et des drames humains vécus au sein des grandes entreprises françaises, saluée pour son traitement sensible et documenté d'un sujet alors peu abordé au cinéma. Il poursuit depuis une carrière de réalisateur attentif aux réalités sociales contemporaines, en particulier celles liées au monde professionnel et à ses dérives. Son parcours atypique, entre expérience du salariat et passage au cinéma, continue de nourrir une œuvre marquée par une volonté d'ancrage dans le réel.
Sa propre expérience du monde de l'entreprise avant sa reconversion au cinéma constitue la source d'inspiration la plus directe de son travail de réalisateur. Il revendique l'influence du cinéma social français contemporain, en particulier son goût pour les récits documentés au plus près des réalités du travail salarié. Il cite également l'influence du cinéma engagé pour sa manière d'aborder des sujets de société sensibles à travers la fiction.
Sa mise en scène privilégie un réalisme sobre et une approche presque documentaire des situations qu'il met en scène, cherchant à restituer avec justesse les mécanismes psychologiques et sociaux à l'œuvre au sein des grandes organisations. Il porte une attention particulière à la véracité des situations professionnelles décrites, s'appuyant sur une connaissance directe du monde de l'entreprise. Sa direction d'acteurs favorise la retenue et la justesse plutôt que l'emphase dramatique.
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La souffrance au travail et les dérives des grandes organisations face à la rentabilité constituent le cœur de son cinéma, en particulier dans Les Insoumis. La solidarité et la résistance collective face à des décisions managériales déshumanisantes traversent également son œuvre la plus marquante.