Né le 11 mars 1961 à Boulogne-Billancourt, Bruno Podalydès grandit à Versailles dans une famille où l'on monte déjà, enfant, de petits spectacles avec son frère Denis. Il débute en réalisant des films d'entreprise pour Air France, dans lesquels Denis Podalydès tient déjà des rôles de comédien, avant de créer la surprise en 1992 avec le court métrage Versailles rive gauche, multiprimé et récompensé d'un César. Il confirme cette réussite avec Voilà en 1994, distingué au Festival de Venise, puis avec Dieu seul me voit en 1997, toujours aux côtés de son frère. En 2002 et 2005, il adapte les célèbres aventures de Rouletabille signées Gaston Leroux avec Le Mystère de la chambre jaune et Le Parfum de la dame en noir, avant de clore sa trilogie versaillaise avec Bancs publics en 2007. Il poursuit une œuvre régulière et personnelle avec Adieu Berthe en 2011, sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, puis Bécassine ! en 2018, Les Deux Alfred, Wahou !, et plus récemment La Petite vadrouille en 2024, son onzième long métrage.
Son enfance versaillaise, qu'il met en scène à plusieurs reprises dans sa filmographie, constitue une source d'inspiration constante, tout comme la complicité créative qu'il entretient depuis toujours avec son frère Denis. Le burlesque du cinéma muet et une tendresse pour les personnages velléitaires et hésitants irriguent également son écriture. Son goût pour la littérature populaire, notamment les romans policiers de Gaston Leroux, l'a conduit à s'aventurer dans l'adaptation littéraire tout en conservant sa sensibilité personnelle.
Bruno Podalydès cultive un burlesque tendre et mélancolique, porté par des personnages indécis qui peinent à choisir entre plusieurs voies, sentimentales ou existentielles. Sa mise en scène soignée, souvent ancrée dans un Versailles fantasmé, s'appuie sur une troupe de comédiens fidèles qu'il retrouve film après film. Cette fidélité aux mêmes visages et aux mêmes lieux confère à son œuvre une cohérence rare, entre chronique douce-amère et comédie d'auteur.
Versailles rive gauche lui vaut le César du meilleur court métrage en 1993, tandis que Dieu seul me voit lui offre une nomination au César du meilleur réalisateur pour une première œuvre. Adieu Berthe est sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes en 2012, confirmant la reconnaissance critique dont bénéficie son cinéma.
Son frère Denis Podalydès demeure son interprète le plus fidèle, présent dans la quasi-totalité de ses films depuis leurs débuts communs. Il travaille également à plusieurs reprises avec des comédiens comme Isabelle Candelier, Sandrine Kiberlain, Pierre Arditi ou encore Catherine Deneuve, qui rejoignent régulièrement son univers.
L'indécision sentimentale et existentielle de personnages masculins hésitants traverse la quasi-totalité de son œuvre, souvent traitée avec une tendresse burlesque. La ville de Versailles, décor récurrent de plusieurs de ses films, agit comme un espace à la fois familier et légèrement décalé, propice à la rêverie et au malentendu amoureux.