Né le 13 mai 1927 à Brooklyn, à New York, Herbert Ross débute comme comédien adolescent puis comme danseur dans les années 1940, avant de devenir l'un des chorégraphes les plus courus de Broadway dans les années 1950 et 1960, signant notamment les numéros de Barbra Streisand dans I Can Get It for You Wholesale. Il passe à la réalisation cinématographique en 1969 avec Au revoir, Mr. Chips, puis enchaîne avec La Chouette et le Pussycat en 1970 et Tombe les filles et tais-toi en 1972, adaptation d'une pièce de Woody Allen. Il entame au milieu des années 1970 une collaboration fructueuse avec le dramaturge Neil Simon, débutée avec Le Prisonnier de la deuxième avenue puis Adieu, je reste, qui aboutit au grand succès critique et public d'Adieu, je reste en 1977. La même année, Le Tournant de la vie, drame du monde du ballet coécrit avec sa femme, l'ancienne danseuse Nora Kaye, lui vaut sa seule nomination à l'Oscar du meilleur réalisateur. Il connaît son plus grand succès commercial avec Footloose en 1984, avant de conclure sa carrière avec Potins de femmes en 1989, portée par Sally Field, Dolly Parton et une toute jeune Julia Roberts. Il meurt le 9 octobre 2001 à New York, des suites d'une insuffisance cardiaque.
Herbert Ross puise dans sa longue carrière de danseur et de chorégraphe de Broadway une science du mouvement et du rythme qui infuse l'ensemble de sa mise en scène, y compris dans ses films non musicaux. Sa collaboration avec sa femme Nora Kaye, ancienne danseuse et chorégraphe de l'American Ballet Theatre, nourrit directement son goût pour les récits du monde de la danse, comme Le Tournant de la vie ou Nijinski. Son association durable avec le producteur Ray Stark et le dramaturge Neil Simon, dont il adapte plusieurs pièces à l'écran, révèle un attachement à l'écriture théâtrale et à la comédie de mœurs new-yorkaise. Il cite volontiers l'héritage des comédies musicales classiques hollywoodiennes de Fred Astaire et Ginger Rogers comme influence directe de Pennies from Heaven.
Le cinéaste privilégie une mise en scène classique et élégante, mettant l'accent sur la performance des acteurs et la précision chorégraphique héritée de sa formation de danseur. Il excelle dans l'adaptation de pièces de théâtre à l'écran, en particulier celles de Neil Simon, sachant préserver le rythme des dialogues tout en les rendant pleinement cinématographiques. Sur Footloose, il impose un savoir-faire technique remarquable pour fusionner mise en scène, chorégraphies de Lynne Taylor-Corbett et bande originale, malgré l'absence de scénario musical classique. Il n'hésite pas à alterner comédies populaires et drames plus ambitieux, oscillant entre succès commerciaux et projets plus personnels comme Nijinski ou Pennies from Heaven.
Herbert Ross a été nommé à l'Oscar du meilleur réalisateur en 1978 pour Le Tournant de la vie, film qui a reçu au total onze nominations aux Oscars. Ses films ont accumulé près de quarante nominations aux Oscars sur l'ensemble de sa carrière, dont plusieurs victoires pour ses interprètes, notamment Richard Dreyfuss pour Adieu, je reste et Maggie Smith pour Potins de femmes. Il a également reçu une nomination au Tony Award de la meilleure chorégraphie pour Anyone Can Whistle de Stephen Sondheim en 1964, ainsi qu'un Golden Globe pour Le Tournant de la vie.
Neil Simon demeure son collaborateur le plus fréquent, ayant écrit ou adapté un grand nombre de ses films les plus populaires, du Prisonnier de la deuxième avenue à Max Dugan Returns. Le producteur Ray Stark l'a accompagné sur plusieurs films tout au long de sa carrière, formant avec lui un duo artistique et commercial très productif. Sa femme, la danseuse et chorégraphe Nora Kaye, a coproduit et inspiré plusieurs de ses films sur l'univers du ballet, notamment Le Tournant de la vie.
Le monde de la danse et du spectacle vivant, hérité de sa propre carrière de chorégraphe, traverse une large partie de son œuvre, du Tournant de la vie à Nijinski en passant par Footloose. La comédie de mœurs urbaine, souvent centrée sur les relations de couple et les névroses de la classe moyenne new-yorkaise, structure ses adaptations de Neil Simon. La jeunesse rebelle en quête d'émancipation face à des figures d'autorité rigides, incarnée par le personnage de Ren dans Footloose, occupe également une place importante dans sa filmographie. Enfin, les récits choraux de femmes unies par l'amitié ou l'adversité, comme dans Potins de femmes, viennent conclure sa carrière sur une note résolument sensible et populaire.