Gérard Pirès naît le 31 août 1942 à Paris, dans le treizième arrondissement. Il débute dans le cinéma comme assistant du réalisateur Michel Deville sur Martin soldat en 1966, avant de signer son premier long métrage, Erotissimo, avec Annie Girardot en 1969. Les années 1970 le voient enchaîner les comédies populaires qui égratignent avec malice les mœurs de son époque, dont Fantasia chez les ploucs avec Lino Ventura, Jean Yanne et Mireille Darc, ou Elle court, elle court la banlieue en 1972. Il change radicalement de registre en 1975 avec L'Agression, film sombre porté par Jean-Louis Trintignant et coécrit avec le romancier Jean-Patrick Manchette, avant de revenir à la légèreté avec Attention les yeux !, comédie légère située dans le monde de la pornographie naissante. Un grave accident de moto au début des années 1980 met un frein à sa carrière de cinéaste, le poussant à se consacrer pendant près de vingt ans à la publicité, où il tourne plus de quatre cents films, notamment pour le constructeur Peugeot. Il retrouve le grand écran en 1998 avec Taxi, comédie policière écrite et produite par Luc Besson, qui devient l'un des plus grands succès populaires du cinéma français des années 1990. Il poursuit avec Riders en 2002, Double zéro en 2004, puis Les Chevaliers du ciel en 2005, film d'aventure aérienne salué pour ses cascades réalisées sans effets numériques.
Sa longue parenthèse publicitaire, en particulier ses nombreux films pour l'automobile, a profondément façonné son goût pour le mouvement, la vitesse et le sens du spectacle visuel qu'il retrouve ensuite dans Taxi. Passionné d'aviation, de moto et d'automobile dans la vie comme à l'écran, il transpose directement ses propres centres d'intérêt dans ses choix de mise en scène, qu'il s'agisse de courses-poursuites urbaines ou de voltige aérienne. Le cinéma de genre populaire français des années 1970, où la comédie côtoie parfois des sujets plus noirs, constitue également un terreau essentiel de sa formation de cinéaste.
Gérard Pirès est reconnu pour son sens aigu du spectacle et des cascades, qu'il privilégie autant que possible en prises réelles plutôt qu'en effets numériques. Sa mise en scène alterne avec aisance la comédie légère et des tonalités plus sombres, une dualité qui traverse toute sa filmographie depuis ses débuts. Il porte une attention particulière au rythme et à la vitesse de ses séquences d'action, héritage direct de ses années passées à filmer l'automobile pour la publicité. Son approche reste également marquée par un goût prononcé pour les personnages populaires, souvent issus de milieux modestes, confrontés à des situations qui les dépassent.
Le succès public considérable de Taxi, avec plus de six millions d'entrées en France, lui vaut une nomination au César du meilleur réalisateur en 1999. Cette reconnaissance couronne un retour derrière la caméra particulièrement remarqué après quinze années passées loin des plateaux de cinéma. Il reste à ce jour la distinction la plus notable de sa carrière de réalisateur de longs métrages.
Sa collaboration la plus marquante reste celle avec Luc Besson, scénariste et producteur de Taxi, qui lui confie la réalisation du film alors qu'il travaille lui-même sur Le Cinquième Élément. Il avait auparavant travaillé avec le romancier et scénariste Jean-Patrick Manchette sur L'Agression, collaboration qui avait donné au film une noirceur inhabituelle dans sa filmographie. Ses nombreuses années dans la publicité automobile l'ont également amené à collaborer étroitement avec les équipes du constructeur Peugeot, dont la Peugeot 406 devient l'un des symboles visuels de Taxi.
La vitesse et la passion des véhicules, qu'il s'agisse de voitures, de motos ou d'avions, constituent le fil rouge le plus visible de son œuvre. La satire sociale et la critique des mœurs de son époque, présente dès ses premières comédies des années 1970, continue d'affleurer même dans ses films les plus grand public. L'amitié virile, souvent née d'un concours de circonstances improbable, structure notamment la relation entre les deux héros de Taxi. Enfin, le goût du spectacle et de la performance physique, hérité de sa passion personnelle pour les sports mécaniques, traverse l'ensemble de sa filmographie.