Daniel, jeune livreur de pizza passionné de mécanique, réalise son rêve en devenant chauffeur de taxi. Il transforme sa Peugeot 406 en bolide surpuissant capable de semer la police. Après s'être fait flasher à 200 km/h, il passe un marché avec Émilien, policier maladroit : il l'aide à arrêter un gang de braqueurs allemands en Mercedes. En échange, son permis lui sera rendu. La course-poursuite dans Marseille peut commencer.
Le film est né de l'imagination de Luc Besson qui voulait produire un film d'action français grand public, à l'américaine. L'idée originelle lui est venue en voyant les embouteillages à Paris et en rêvant d'un taxi qui pourrait voler au-dessus. Il écrit le scénario en 30 jours et pense immédiatement à Gérard Pirès pour la réalisation, connu pour ses pubs de voitures nerveuses. L'inspiration est venue des films comme L'Arme fatale pour le duo de flics mal assortis, mais transposé à Marseille avec l'accent du Sud. Le film n'est pas tiré d'une histoire vraie mais d'un fantasme : et si un taxi allait plus vite que la police ?
Résumé des critiques professionnelles : À sa sortie, la critique est partagée. Une partie de la presse salue l'énergie, le rythme et les cascades impressionnantes pour un film français. Télérama parle de 'plaisir régressif efficace'. L'autre partie dénonce un scénario mince, des dialogues faibles et des personnages caricaturaux. Le film est vu comme un produit purement commercial de Besson, loin du cinéma d'auteur. Mais tous reconnaissent que les scènes de poursuite envoient du lourd. Réception du public : Carton phénoménal avec 6,4 millions d'entrées en France. Le public adore l'humour, les cascades et le duo Naceri-Diefenthal. La Peugeot 406 blanche devient une icône et les jeunes se ruent sur les répliques cultes. Le film lance la mode du tuning en France et crée une vraie franchise. Il reste l'un des plus gros succès français des années 90. Récompenses obtenues : Le film est nommé 7 fois aux César 1999 et remporte 2 prix : Meilleur montage et Meilleur son. Il gagne aussi le César du Meilleur réalisateur pour Gérard Pirès. La bande originale de IAM et Akhenaton est certifiée disque de platine. Son vrai trophée est d'avoir relancé le cinéma d'action populaire français.
Inspirations du réalisateur : Gérard Pirès s'est inspiré des courses-poursuites de Bullitt et French Connection, mais voulait un style plus fun et lumineux. Il a filmé Marseille comme une ville de carte postale, ensoleillée et cinégénique. Pour les cascades, il a travaillé avec le coordinateur Rémy Julienne et a refusé les images de synthèse pour garder un aspect réel. Difficultés de production : Tourner dans les rues de Marseille a été un enfer logistique. Il a fallu bloquer des quartiers entiers et gérer la foule. La Peugeot 406 a été modifiée avec 6 versions différentes pour les cascades, dont une qui pouvait se séparer en deux. Gérard Pirès a fait un burnout pendant le tournage et a été remplacé quelques jours par Luc Besson pour finir. Samy Naceri, alors inconnu, était très nerveux sur le plateau. Anecdote sur une scène particulière : La scène du saut du taxi sur le chantier a été réalisée sans trucage, avec une vraie voiture projetée par un canon. Le cascadeur Rémy Julienne l'a effectuée lui-même. Pour la scène où le taxi se transforme, les mécaniciens ont mis 3 mois à construire le système. La réplique 'T'as le bonjour de Coughi' est devenue culte. Casting initialement prévu : Luc Besson voulait un inconnu pour Daniel pour que le public s'identifie. Samy Naceri a été choisi après un casting sauvage. Pour Émilien, Patrick Timsit a refusé le rôle. Marion Cotillard était encore peu connue et c'est son premier grand rôle. Le rôle du commissaire Gibert devait être plus petit mais Bernard Farcy a tellement improvisé qu'il a été développé.
Le film oppose deux visions de la France : celle de la débrouille et de la vitesse incarnée par Daniel, face à celle de l'administration et de la lenteur représentée par la police. Il parle du rêve français de réussite par le talent et la mécanique, pas par les diplômes. L'amitié improbable entre le délinquant et le flic est le cœur du film. C'est aussi une lettre d'amour à Marseille, filmée comme une ville américaine. Le film aborde la figure du loser sympathique qui devient un héros.
Grâce au plan de Daniel, le gang des Mercedes est arrêté. Émilien gagne le respect de sa hiérarchie et conquiert Petra. Daniel récupère son permis et épouse Lilly, qui est enceinte. Gibert s'attribue tout le mérite de l'arrestation devant les médias. La dernière scène montre Daniel qui refait un excès de vitesse pour emmener Lilly à la maternité, avec la bénédiction d'Émilien. La fin prouve que les règles peuvent être contournées quand c'est pour une bonne cause. L'ordre est rétabli mais la folie douce de Daniel triomphe.
'Taxi' désigne simplement le métier de Daniel et son outil de travail, la Peugeot 406 blanche. Le titre est direct et efficace, comme le film. Il annonce une histoire urbaine et populaire. Le chiffre 1 a été ajouté après coup, une fois que le succès a permis d'envisager des suites. Le taxi n'est pas qu'un véhicule, c'est un personnage à part entière, le vrai héros du film.
La BO est mythique et indissociable du succès du film. Composée par Akhenaton et IAM, elle mélange rap marseillais, funk et thèmes orchestraux. Le titre 'Taxi' de Diams, 'L'enfer' de K-Reen et surtout 'La Caisse' de Fonky Family sont devenus des tubes. L'album s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires et a popularisé le rap français auprès du grand public. C'est l'une des BO françaises les plus vendues de tous les temps.
Taxi 2, Le Transporteur, Banlieue 13, L'Arme fatale, Rien à déclarer