Né le 12 juin 1901 à Chiavenna, en Italie, Clyde Geronimi émigre aux États-Unis avec sa famille durant son enfance et rejoint les studios Disney dès 1931, où il travaille d'abord comme animateur sur les Silly Symphonies avant de devenir réalisateur de courts métrages à la fin des années 1930. Il fait partie de l'équipe de réalisation de Pinocchio et de Fantasia au début des années 1940, puis devient l'un des réalisateurs les plus prolifiques du studio durant l'après-guerre, coréalisant Cendrillon en 1950, Alice au pays des merveilles en 1951 et Peter Pan en 1953. Il atteint l'apogée de sa carrière avec La Belle au bois dormant en 1959, film d'une ambition technique et picturale considérable inspirée des tableaux gothiques médiévaux, avant de coréaliser Les 101 Dalmatiens en 1961, l'un des plus grands succès commerciaux du studio à cette époque. Il quitte Disney au début des années 1960 après plus de trente années de service.
Sa formation initiale sur les Silly Symphonies, courts métrages expérimentaux du studio dans les années 1930, a nourri son goût pour l'expérimentation visuelle et stylistique, particulièrement visible dans l'esthétique picturale singulière de La Belle au bois dormant. Le travail du directeur artistique Eyvind Earle, dont les décors inspirés de l'art médiéval et de la tapisserie gothique ont profondément marqué La Belle au bois dormant, a également influencé son approche de la mise en scène sur ce film en particulier.
Geronimi privilégie un classicisme narratif efficace, porté par un sens aigu du rythme comique et de l'enchaînement des séquences, qui caractérise l'ensemble de ses films de l'après-guerre. Sa collaboration avec des coréalisateurs sur la plupart de ses productions, selon le mode de fonctionnement collégial typique du studio à cette époque, ne l'empêche pas d'imposer une direction artistique marquée, notamment sur La Belle au bois dormant, où l'ambition graphique dépasse largement celle des productions Disney contemporaines.
La Belle au bois dormant reçoit une nomination à l'Oscar de la meilleure musique de film en 1960, pour l'adaptation de la partition de Tchaïkovski par George Bruns. Les films coréalisés par Geronimi durant cette période comptent parmi les plus grands succès commerciaux et critiques du studio Disney de l'après-guerre.
Il coréalise la plupart de ses grands films avec Wilfred Jackson et Hamilton Luske, formant avec eux un trio de réalisateurs récurrent sur Cendrillon, Alice au pays des merveilles et Peter Pan. Le directeur artistique Eyvind Earle demeure un collaborateur essentiel sur La Belle au bois dormant, dont l'esthétique visuelle porte durablement sa marque.
Les contes de fées classiques, adaptés avec un souci constant d'enchantement visuel et de merveilleux, structurent l'essentiel de la filmographie de Clyde Geronimi durant l'après-guerre. La confrontation entre innocence enfantine et figures maléfiques spectaculaires, de la sorcière de Cendrillon à Maléfique dans La Belle au bois dormant, traverse également une large part de son œuvre.