Né le 24 janvier 1906 à Chicago, Wilfred Jackson rejoint les studios Disney dès 1928, l'une des toutes premières recrues du studio, et participe à l'animation du court métrage Steamboat Willie, marquant les débuts sonores de Mickey Mouse. Il devient rapidement réalisateur de courts métrages, notamment plusieurs Silly Symphonies récompensées, avant de faire partie de l'équipe de réalisation de Blanche-Neige et les Sept Nains en 1937 sous la supervision de David Hand. Il poursuit avec Pinocchio et Fantasia au début des années 1940, puis dirige des séquences majeures de Cendrillon, Alice au pays des merveilles et Peter Pan aux côtés de Clyde Geronimi et Hamilton Luske. En 1955, il coréalise La Belle et le Clochard, premier long métrage d'animation Disney tourné en CinemaScope, avant de conclure sa carrière de réalisateur avec La Belle au bois dormant en 1959. Des problèmes de santé le conduisent à quitter la réalisation de longs métrages au début des années 1960, bien qu'il continue de travailler pour Disney sur des projets télévisés jusqu'à sa retraite en 1971.
Sa participation aux tout premiers films sonores de Mickey Mouse, dès les débuts du studio en 1928, a façonné sa compréhension intuitive de la synchronisation entre musique et image animée, une compétence qu'il approfondit tout au long de sa carrière sur les Silly Symphonies. Sa collaboration constante avec les compositeurs du studio a nourri son sens particulier du rythme musical appliqué à la mise en scène.
Jackson se distingue par sa maîtrise exceptionnelle de la synchronisation musicale, un savoir-faire hérité de ses débuts sur les films sonores expérimentaux du studio, qu'il applique à des séquences musicales devenues emblématiques comme celle du restaurant italien dans La Belle et le Clochard. Sa direction, souvent exercée en binôme ou en trio avec d'autres réalisateurs selon le mode collégial du studio, privilégie une fluidité narrative portée par une attention constante au tempo et à la musicalité des scènes.
Plusieurs Silly Symphonies réalisées par Wilfred Jackson dans les années 1930 remportent l'Oscar du meilleur court métrage d'animation, catégorie alors dominée par les productions du studio Disney. La Belle au bois dormant, qu'il coréalise en fin de carrière, reçoit une nomination à l'Oscar de la meilleure musique de film en 1960.
Il forme avec Clyde Geronimi et Hamilton Luske un trio de réalisateurs récurrent sur plusieurs grandes productions du studio durant les années 1950, dont Cendrillon, Alice au pays des merveilles et Peter Pan. Sa collaboration avec les compositeurs et musiciens du studio, essentielle à son travail de synchronisation, se poursuit tout au long de sa carrière.
La musicalité et le rythme, envisagés comme des éléments narratifs à part entière plutôt que de simples accompagnements, constituent la signature la plus reconnaissable du travail de Wilfred Jackson au sein du studio Disney. Les contes populaires adaptés avec un soin particulier porté à l'atmosphère et à l'émotion collective des scènes de groupe traversent également l'ensemble de sa filmographie de réalisateur.