Né le 6 mars 1973 à Villejuif, Samuel Benchetrit débute sa carrière comme écrivain et scénariste avant de passer à la réalisation avec Janis et John en 2003, avant de connaître une reconnaissance critique avec J'ai toujours rêvé d'être un gangster en 2008, comédie chorale portée par un casting international. Il poursuit avec Asphalte en 2015, comédie douce-amère sur les habitants d'un immeuble de banlieue, saluée pour son humanisme et son humour tendre. Il enchaîne avec Chien en 2017, drame plus sombre sur la déshumanisation, puis Cette musique ne joue pour personne en 2021. Il continue de développer un cinéma français mêlant humour absurde et tendresse envers des personnages marginaux ou décalés.
Benchetrit revendique l'influence de la littérature et de son propre travail d'écrivain pour la construction de ses scénarios, souvent composés de plusieurs récits entrecroisés. Il cite également l'influence du cinéma américain indépendant pour son goût des personnages excentriques et attachants, traités avec une tendresse constante malgré leur marginalité. Son expérience personnelle de la banlieue parisienne nourrit directement Asphalte, son film le plus emblématique.
Sa mise en scène privilégie l'humour absurde et tendre, mêlant plusieurs récits parallèles qui finissent par se répondre, en particulier dans Asphalte. Il affectionne les personnages en décalage avec la norme sociale, qu'ils soient adolescents rêveurs, retraités solitaires ou figures improbables croisant leur chemin. Sa direction d'acteurs privilégie la spontanéité et une légèreté apparente qui n'exclut jamais une profondeur émotionnelle sous-jacente.
Samuel Benchetrit n'a pas reçu de récompense cinématographique majeure de type César en tant que réalisateur, mais Asphalte a été salué par la critique française pour son humanisme et son originalité lors de sa sortie en 2015.
Il a travaillé à plusieurs reprises avec des acteurs internationaux prestigieux, notamment sur Asphalte, réunissant Isabelle Huppert et Michael Pitt dans un récit choral improbable.
La solitude et la rencontre improbable entre personnages que tout semble opposer constituent le cœur de l'ensemble de son œuvre, en particulier Asphalte. La banlieue parisienne et ses habitants, filmés avec tendresse plutôt qu'avec misérabilisme, traversent également son cinéma le plus personnel.