Mercredi, 26 août 2026
Dernières actualités

Rodrigo Sorogoyen

Parcours

Né le 16 septembre 1981 à Madrid, Rodrigo Sorogoyen est le petit-fils du cinéaste Antonio del Amo, figure du cinéma espagnol de l'après-guerre. Après des études d'histoire à l'université Complutense de Madrid, il se tourne vers l'écriture et intègre en 2004 l'École de cinéma et de l'audiovisuel de la Communauté de Madrid. Il coréalise en 2008 son premier long métrage, la comédie romantique 8 Citas, avant de se consacrer plusieurs années à l'écriture de séries télévisées espagnoles. En 2011, il fonde avec trois associés la société de production Caballo Films, qui lui permet de produire Stockholm en 2013, son premier long métrage en solo. Il enchaîne avec Que Dios nos perdone en 2016, thriller sur la traque d'un tueur en série, puis avec El Reino en 2018, plongée dans la corruption politique espagnole saluée par sept Goyas. Son long métrage suivant, As Bestas, présenté à Cannes en 2022, devient son plus grand succès international et lui vaut le César du meilleur film étranger en 2023, année où il est également couronné de neuf Goyas.

Inspirations et Influences

Rodrigo Sorogoyen raconte que sa vocation de cinéaste est née du choc que lui a procuré le film Léon de Luc Besson, découvert dans son adolescence. Petit-fils d'un réalisateur du cinéma espagnol d'après-guerre, il grandit dans un environnement familial déjà tourné vers le septième art, ce qui nourrit très tôt son goût pour la mise en scène. Son passage par l'écriture de séries télévisées, souvent tournées vers le thriller psychologique, façonne durablement son sens du suspense et de la tension dramatique. Le cinéma américain de genre, mêlé à une tradition espagnole du film social et politique, se retrouve dans l'équilibre qu'il cherche entre efficacité narrative et ambition d'auteur.

Style de réalisation

Le cinéaste est reconnu pour une mise en scène immersive, souvent construite autour de plans-séquences longs et de mouvements de caméra qui plongent le spectateur au cœur de l'action, comme dans El Reino ou As Bestas. Il affectionne les récits de tension psychologique progressive, où la menace se dévoile lentement à travers l'observation minutieuse des rapports de pouvoir entre les personnages. Son travail sur le montage et le rythme, en particulier dans ses thrillers politiques, contribue à une sensation d'urgence et de vertige rarement démentie. Il alterne aussi avec aisance entre grand spectacle populaire et films plus intimistes comme Madre, resserré sur la psychologie de son personnage principal.

Distinctions (Oscars, César, Palme d'Or...)

Rodrigo Sorogoyen a remporté à deux reprises le Goya du meilleur réalisateur, en 2019 pour El Reino et en 2023 pour As Bestas, ainsi que le Goya du meilleur scénario original ces deux mêmes années. As Bestas lui a également valu le César du meilleur film étranger en 2023, une reconnaissance rare pour un cinéaste espagnol en France. Son court métrage Madre lui a permis de remporter le Goya du meilleur court métrage de fiction et d'obtenir une nomination à l'Oscar du meilleur court métrage en prise de vue réelle. El Reino avait par ailleurs été sélectionné au Festival de Toronto, tandis que Madre, devenu long métrage, était présenté à la Mostra de Venise.

Collaborateurs réguliers

La scénariste Isabel Peña coécrit la quasi-totalité de ses films depuis plusieurs années, formant avec lui l'un des tandems les plus reconnus du cinéma espagnol contemporain. L'acteur Antonio de la Torre est de nombreuses fois son interprète principal, notamment dans Que Dios nos perdone et El Reino. Denis Ménochet et Marina Foïs, révélés en France par As Bestas, ont depuis rejoint son cercle d'acteurs de prédilection, Ménochet remportant même le Goya du meilleur acteur pour ce film.

Thèmes récurrents

La corruption politique et les mécanismes du pouvoir, explorés sans concession dans El Reino, occupent une place centrale dans son cinéma. La violence latente qui couve sous les rapports de voisinage ou de communauté, mise en scène avec une tension presque insoutenable dans As Bestas, structure plusieurs de ses films les plus marquants. Il s'intéresse aussi à la psychologie du deuil et de l'obsession, comme dans Madre, où une mère reste hantée par la disparition de son fils. Enfin, un regard aigu sur les tensions entre monde rural et monde urbain, entre tradition et modernité, traverse une large partie de son œuvre récente.

🎬 Filmographie (3)

👥 Acteurs associés

🎬 Anecdotes

Rodrigo Sorogoyen est le petit-fils du réalisateur Antonio del Amo, une figure du cinéma espagnol de l'après-guerre, ce qui l'a plongé dès l'enfance dans un environnement familial tourné vers le septième art. Il confie que sa vocation de cinéaste est née du choc ressenti en découvrant le film Léon de Luc Besson pendant son adolescence. Son court métrage Madre, avant de devenir un long métrage salué à Venise, avait déjà connu un immense succès sur les circuits de festivals et obtenu une nomination à l'Oscar du meilleur court métrage. As Bestas, tourné en Galice avec des acteurs français et espagnols, a rencontré un succès aussi inattendu que retentissant en France, où il a rapporté près de dix millions de dollars de recettes dans le monde. En 2026, Rodrigo Sorogoyen retrouve la compétition officielle du Festival de Cannes avec L'Être aimé, porté par Javier Bardem.