Une unité de policiers anti-émeute madrilène, composée de six hommes, est chargée d'exécuter l'expulsion d'un squat occupé par une trentaine de personnes dans le quartier populaire de Lavapiés. L'opération dégénère et un homme meurt, plongeant les six agents dans une accusation d'homicide qui menace leur carrière et leur liberté. Chargée d'enquêter sur cette bavure, Laia Urquijo, agente des affaires internes, s'obsède peu à peu pour cette affaire et découvre que ce drapeau se cache une trame de corruption bien plus vaste et dangereuse qu'il n'y paraît. Sa quête de vérité va la mener à affronter la loi du silence qui règne au sein de la police.
Antidisturbios est la première série télévisée créée par le tandem espagnol Rodrigo Sorogoyen et Isabel Peña, déjà responsables de deux des films les plus marquants du cinéma espagnol récent, Que Dios nos perdone et El Reino. Le duo choisit de transposer à la télévision leur goût pour les fictions ancrées dans la réalité sociologique et politique espagnole, cette fois à travers le prisme d'une unité de police anti-émeute confrontée à une bavure lors d'une expulsion. Sorogoyen explique avoir voulu construire une série de personnages plutôt qu'un simple polar, en s'attachant à la vie quotidienne, aux failles et aux fragilités de six policiers ordinaires plutôt qu'à une intrigue purement mécanique. Le scénario, coécrit avec leur collaborateur habituel Eduardo Villanueva, s'inspire de faits divers réels liés aux violences policières et aux expulsions immobilières qui ont marqué l'Espagne dans les années 2010.
Antidisturbios a été unanimement salué par la critique espagnole comme l'œuvre la plus aboutie du tandem Sorogoyen-Peña, la série recevant des critiques dithyrambiques pour sa mise en scène hyperréaliste, ses plans-séquences virtuoses et la profondeur psychologique de ses personnages. Plusieurs journaux ont souligné la capacité de la série à éviter tout manichéisme dans son traitement de la police, ce qui lui a valu d'être critiquée à la fois par les syndicats policiers les plus conservateurs et par des militants de gauche, signe pour beaucoup de son équilibre et de sa justesse. Le public a également été conquis, la série recueillant une note de 8 sur 10 sur IMDb, les spectateurs saluant l'intensité de la mise en scène et la qualité exceptionnelle du casting réuni par Sorogoyen. La série a remporté plusieurs récompenses aux prix Feroz, dont celui de la meilleure série dramatique, ainsi que le prix du meilleur acteur pour Hovik Keuchkerian et celui du meilleur second rôle pour Patrick Criado.
Rodrigo Sorogoyen a expliqué accorder une importance capitale au processus de casting, qu'il préfère prendre le temps de mûrir afin de bien connaître ses acteurs avant le tournage et de savoir précisément ce que chacun peut apporter à son personnage. La série a été projetée dans son intégralité en avant-première au Festival international du film de San Sebastián 2020, une reconnaissance rare pour une production télévisée dans un festival habituellement consacré au cinéma. Le compositeur habituel de Sorogoyen, Olivier Arson, a de nouveau collaboré avec le réalisateur pour composer une musique reflétant l'asphyxie et la tension permanente qui traversent les six épisodes de la série.
Antidisturbios explore la violence institutionnelle et les zones grises de l'action policière, interrogeant la responsabilité individuelle des agents pris dans un système qui les dépasse. La série aborde également la crise du logement et les expulsions forcées qui ont marqué l'Espagne durant la décennie 2010, à travers le prisme du squat au cœur de l'intrigue. Elle questionne enfin la corruption institutionnelle et la loi du silence qui protège certains intérêts au sein même des forces de l'ordre, incarnée par l'enquête obstinée de Laia.
Au terme de son enquête, Laia découvre que l'expulsion tragique n'était que la partie visible d'un vaste système de corruption impliquant des intérêts bien plus élevés que ceux des six policiers initialement accusés, une révélation qui interroge la responsabilité réelle de chacun dans un système où les véritables coupables échappent souvent aux conséquences de leurs actes.
Le titre Antidisturbios, littéralement Anti-émeutes en espagnol, désigne directement l'unité de police spécialisée dans le maintien de l'ordre au cœur de la série, dont le quotidien et les zones d'ombre constituent le sujet central du récit.
Diffusée à partir du 16 octobre 2020 sur Movistar+ en Espagne, Antidisturbios est arrivée en France le 13 mai 2021 sur Canal+, confirmant l'aura internationale grandissante de Rodrigo Sorogoyen après le succès critique d'El Reino et de Madre.
Les amateurs d'Antidisturbios pourront se tourner vers Que Dios nos perdone et El Reino, précédents films de Rodrigo Sorogoyen et Isabel Peña sur la corruption et la violence institutionnelle espagnole, ou vers la série française Engrenages pour son traitement similaire de la police et de la justice.