Née le 26 avril 1968 à Argenteuil au sein d'une famille d'origine algérienne, Nora Hamdi s'installe à Paris pour suivre des études d'arts plastiques et évolue durant plusieurs années dans le mouvement du graffiti art, exposant même en galerie. Cette expérience picturale la conduit vers l'écriture et le cinéma : en 2000, elle réalise un premier film documentaire consacré au mouvement des lettristes et des situationnistes, puis deux courts métrages, Petits ensembles au bout de la nuit et La danse dans le noir. En 2004, elle publie son premier roman, Des poupées et des anges, qui lui vaut le prix Yves Navarre et qu'elle adapte elle-même au cinéma en 2008, avec Leïla Bekhti, Samy Naceri et Samuel Le Bihan en têtes d'affiche. Après plusieurs autres romans, dont Plaqué or et La couleur dans les mains, elle consacre trois années de recherches à La Maquisarde, récit inspiré du vécu de sa propre mère pendant la guerre d'Algérie, qu'elle publie en roman avant de le porter à l'écran en 2020. Elle revient ensuite à la réalisation avec l'adaptation de son roman La couleur dans les mains, tourné en 2022 et sorti en 2024.
Le parcours de Nora Hamdi dans les arts plastiques et le graffiti nourrit un regard très visuel sur ses mises en scène, qu'elle construit souvent à partir de sa propre expérience de vie. Son histoire familiale, en particulier le passé de sa mère pendant la guerre d'Algérie, constitue une source d'inspiration essentielle, qui l'a poussée à mener plusieurs années d'enquête personnelle avant d'écrire La Maquisarde. La réalité sociale des jeunes femmes issues de l'immigration, qu'elle a elle-même observée en région parisienne, infuse directement Des poupées et des anges, son premier long métrage.
La réalisatrice privilégie un cinéma social et intimiste, porté par des personnages féminins forts confrontés à la violence, qu'elle soit familiale, historique ou sociale. Sa mise en scène cherche à éviter les stéréotypes attachés aux personnages de banlieue ou aux figures historiques qu'elle porte à l'écran, en donnant à ses héroïnes une complexité et une dignité rarement montrées auparavant. Son travail de romancière, antérieur à chacun de ses films, structure fortement son écriture cinématographique, les longs métrages étant pensés comme des adaptations resserrées de récits déjà mûris sur le papier.
Des poupées et des anges a été sélectionné dans une dizaine de festivals en Europe et aux États-Unis et a reçu le prix Les Enfants Terribles au Festival de Gijón. La Maquisarde a quant à lui été présenté dans sept festivals en France, en Algérie, en Tunisie et en Corse, et a été éligible aux César 2021. La couleur dans les mains a été sélectionné dans des festivals en Algérie et en Corse, et a valu à son actrice principale un prix d'interprétation au festival du film d'Amsterdam-Haarlem.
Nora Hamdi a lancé la carrière de Leïla Bekhti, révélée dans Des poupées et des anges avant de devenir l'une des actrices les plus en vue du cinéma français. Elle a également dirigé à plusieurs reprises Samuel Le Bihan et Fejria Deliba, ainsi que Samy Naceri, dont le rôle de père colérique dans son premier film a été salué comme un contre-emploi marquant pour l'acteur.
La condition des femmes, qu'elles soient adolescentes en banlieue parisienne ou résistantes pendant la guerre d'Algérie, occupe une place centrale dans l'œuvre de Nora Hamdi. La transmission familiale et la mémoire, en particulier celle de sa propre mère, traversent également une grande partie de son travail. La violence patriarcale et sociale, ainsi que la quête de liberté et de dignité des personnages féminins, constituent enfin des fils conducteurs constants de ses romans comme de ses films.