Né le 24 avril 1965 à Bures-sur-Yvette, Michel Leclerc participe entre 1995 et 2000 à l'aventure de Télé Bocal, télévision associative et engagée, tout en travaillant comme monteur pour des magazines télévisés et chroniqueur sur Canal+ et France 3. Il réalise dans les années 1990 et 2000 plusieurs courts métrages, dont Le Poteau rose, récompensé au Festival de Clermont-Ferrand en 2002. Il passe au long métrage en 2006 avec la comédie J'invente rien, portée par Kad Merad et Elsa Zylberstein, avant de connaître la consécration en 2010 avec Le Nom des gens, comédie politique largement autobiographique coécrite avec sa compagne Baya Kasmi, qui lui vaut le César du meilleur scénario original. Il poursuit avec Télé Gaucho en 2012, retour sur ses propres débuts à la télévision associative, puis avec La Vie très privée de Monsieur Sim en 2015. Il devient en 2013 responsable créatif de la saison 7 de la série Fais pas ci, fais pas ça, avant de revenir au cinéma avec plusieurs comédies, dont Le Grand Bazar.
Son passage par Télé Bocal, télévision libre et engagée politiquement, façonne durablement son goût pour la comédie sociale et politique, mêlant engagement et autodérision. Sa collaboration avec sa compagne et coscénariste Baya Kasmi, d'origine algérienne, nourrit directement la veine autobiographique et le regard sur les questions d'identité et de mémoire familiale au cœur du Nom des gens. Son expérience de monteur et de chroniqueur télévisuel affine son sens du rythme comique et de la formule qui fait mouche.
Leclerc privilégie une comédie hybride, mêlant humour, engagement politique et confession intime, à l'image du Nom des gens qui aborde le racisme ordinaire et la mémoire de la guerre d'Algérie sur le mode de la comédie romantique. Il travaille volontiers sur des personnages en décalage avec les normes sociales, portés par une écriture vive et référencée. Sa mise en scène reste au service du texte et de la performance des acteurs, dans la tradition d'une comédie française d'auteur engagée.
Le Nom des gens lui vaut le César du meilleur scénario original en 2011, partagé avec sa coscénariste Baya Kasmi, tandis que Sara Forestier remporte pour ce même film le César de la meilleure actrice. Télé Gaucho permet à son acteur principal Félix Moati d'être nommé au César du meilleur espoir masculin en 2013. La série Fais pas ci, fais pas ça lui vaut par ailleurs le prix de la meilleure écriture de l'Association des critiques de séries en 2015.
Baya Kasmi, sa compagne et coscénariste, cosigne l'ensemble de ses films les plus personnels, du Nom des gens à Télé Gaucho. Sara Forestier, révélée par Le Nom des gens, retrouve le réalisateur dans Télé Gaucho. Il collabore également à plusieurs reprises avec des comédiens comme Éric Elmosnino et Maïwenn.
L'identité et la mémoire familiale, en particulier les silences autour de la colonisation et de la guerre d'Algérie, structurent le cœur du Nom des gens et infusent une large partie de son œuvre. L'engagement politique et les débuts dans les médias associatifs, revisités avec tendresse dans Télé Gaucho, occupent également une place centrale dans sa filmographie. L'excentricité et la marginalité assumée de personnages en décalage avec les normes sociales reviennent enfin comme une signature de son cinéma.