Né le 18 mars 1959 à Paris, Luc Besson grandit entre la France, la Yougoslavie et la Grèce au gré des affectations de ses parents, moniteurs de plongée pour le Club Méditerranée. Passionné très jeune par l'univers marin, il envisage une carrière de biologiste avant qu'un accident de plongée ne l'oriente définitivement vers le cinéma. Il fait ses armes comme assistant réalisateur avant de tourner en 1983 son premier long métrage, Le Dernier Combat, film post-apocalyptique en noir et blanc et sans dialogues. Il connaît un premier grand succès populaire avec Subway en 1985, puis impose son univers visuel avec Le Grand Bleu en 1988, immense succès en France malgré un accueil international plus tiède. Il enchaîne avec Nikita en 1990, Léon en 1994 et surtout Le Cinquième Élément en 1997, superproduction de science-fiction qui devient l'un des plus grands succès du cinéma français à l'international. Il fonde en 2000 la société de production EuropaCorp, qui lui permet de produire de nombreux films tout en poursuivant sa propre œuvre, dont Jeanne d'Arc en 1999, Lucy en 2014 ou Valerian et la Cité des mille planètes en 2017. Ces dernières années, il a poursuivi une activité soutenue avec des films comme Dogman en 2023 et Dracula : L'Amour perdu en 2025.
Besson cite volontiers Jean-Luc Godard et la Nouvelle Vague comme une influence fondatrice de son rapport libre à la mise en scène. Sa passion pour le monde marin, née de son enfance passée entre plongée et voyages, imprègne directement Le Grand Bleu et son goût pour les grands espaces contemplatifs. Le cinéma de genre américain, notamment la science-fiction et le film d'action des années 1980, nourrit son goût pour le spectacle et l'efficacité narrative. La bande dessinée franco-belge, en particulier Valérian et Laureline de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières, a directement inspiré plusieurs de ses projets les plus ambitieux.
Le cinéaste s'est imposé comme le chef de file du courant surnommé le « cinéma du look », caractérisé par un soin extrême apporté à l'image, aux couleurs et à la composition visuelle, parfois au détriment du scénario. Il affectionne les héroïnes fortes et les personnages en marge, souvent des enfants ou des femmes dotés de pouvoirs ou de compétences extraordinaires. Sa mise en scène mêle volontiers une esthétique publicitaire léchée à un goût prononcé pour l'action et le rythme soutenu. Producteur autant que réalisateur, il a également développé à travers EuropaCorp un savoir-faire industriel destiné à concurrencer les standards de production hollywoodiens.
Luc Besson a remporté le César du meilleur réalisateur en 1998 pour Le Cinquième Élément, film qui a également ouvert le Festival de Cannes la même année. Le Grand Bleu, bien que boudé par la critique à sa sortie, a été nommé pour la Palme d'or au Festival de Cannes 1988. Léon a connu un important succès critique et commercial sans toutefois être distingué dans les grandes cérémonies françaises ou américaines. Besson n'a jamais été nommé aux Oscars en tant que réalisateur, sa reconnaissance restant essentiellement ancrée dans le paysage cinématographique français et européen.
Le directeur de la photographie Thierry Arbogast a éclairé la majorité de ses films depuis Nikita, développant avec lui une esthétique reconnaissable entre néons et clairs-obscurs. Le compositeur Éric Serra signe la musique de la quasi-totalité de ses longs métrages depuis Le Dernier Combat, contribuant fortement à l'identité sonore de son cinéma. L'actrice Milla Jovovich, révélée par Le Cinquième Élément puis épouse du cinéaste pendant plusieurs années, a incarné plusieurs de ses héroïnes emblématiques. Enfin, à travers EuropaCorp, Besson a bâti une véritable écurie de scénaristes et de réalisateurs qu'il a produits ou accompagnés tout au long de sa carrière.
Les héroïnes fortes, souvent jeunes et dotées de capacités hors du commun, structurent une grande partie de sa filmographie, de Nikita à Lucy en passant par Jeanne d'Arc. La figure du protecteur solitaire, mentor bourru et taiseux, revient régulièrement, incarnée notamment par Jean Reno dans Léon. L'attirance pour les univers de science-fiction flamboyants, mêlant grand spectacle et fantaisie visuelle, occupe une place centrale depuis Le Cinquième Élément. Enfin, la mer et l'élément aquatique, thème fondateur du Grand Bleu, continuent de nourrir son imaginaire visuel bien au-delà de ce film.