Jocelyn Moorhouse naît en 1960 en Australie et débute sa carrière de réalisatrice avec Proof en 1991, drame intimiste consacré à un photographe aveugle, salué par la critique internationale dès sa sortie. Ce premier film lui ouvre les portes d'Hollywood, où elle réalise How to Make an American Quilt en 1995, drame choral porté par un casting féminin prestigieux. Elle poursuit avec A Thousand Acres en 1997, adaptation littéraire explorant les tensions familiales dans l'Amérique rurale. Après une période plus discrète consacrée notamment à l'écriture et à la production aux côtés de son mari P.J. Hogan, elle revient à la réalisation avec The Dressmaker en 2015, comédie dramatique australienne portée par Kate Winslet qui rencontre un grand succès populaire. Ce retour confirme son talent intact pour les récits de femmes fortes évoluant dans des contextes sociaux contraignants. Moorhouse continue depuis de développer des projets entre l'Australie et les États-Unis, fidèle à une œuvre centrée sur des figures féminines singulières. Son parcours illustre une carrière marquée par l'exigence artistique plus que par la quantité de films réalisés.
Moorhouse puise son inspiration dans les récits de femmes en marge des conventions sociales, souvent dotées d'un talent ou d'une différence qui les isole. Elle s'inspire également de la littérature, dont elle adapte fréquemment les œuvres avec une grande fidélité émotionnelle. Le cinéma australien indépendant, connu pour son attachement aux récits intimistes et sociaux, nourrit aussi une large partie de son inspiration créative. Elle cite par ailleurs l'importance de la collaboration artistique avec son mari, le réalisateur P.J. Hogan, dans sa manière d'aborder l'écriture et la mise en scène. Cette inspiration profondément humaine façonne l'ensemble de son œuvre.
Son style se caractérise par une grande attention portée aux personnages féminins complexes, filmés avec beaucoup de nuance et de respect. Elle privilégie une mise en scène soignée, alliant émotion sincère et un sens certain de l'ironie sociale. Sa direction d'acteurs cherche toujours une grande justesse, permettant à des castings prestigieux de livrer des performances mémorables. Elle aime également mêler drame et humour noir, notamment dans ses films les plus récents. Cette approche sensible et exigeante fait d'elle une réalisatrice respectée du cinéma australien et international.
Jocelyn Moorhouse n'a pas reçu de récompense majeure de type Oscar ou César au cours de sa carrière de réalisatrice. Proof a néanmoins été salué dans plusieurs festivals internationaux dès sa sortie, confirmant la reconnaissance précoce de son talent. The Dressmaker a également connu un grand succès populaire en Australie, consolidant sa réputation de réalisatrice capable de conjuguer exigence artistique et succès public.
Moorhouse a construit une grande partie de sa carrière aux côtés de son mari, le réalisateur et scénariste P.J. Hogan, avec qui elle collabore régulièrement à l'écriture. Elle a également travaillé avec des actrices de premier plan, notamment Kate Winslet sur The Dressmaker. Ces collaborations durables témoignent de la constance de son univers artistique au fil des décennies.
Les femmes singulières, souvent dotées d'un talent ou d'une différence qui les met à l'écart de leur communauté, constituent le cœur de son œuvre de réalisatrice. Elle explore également fréquemment les tensions familiales et les secrets enfouis, révélés au fil de récits souvent chorals. La vengeance et la justice personnelle occupent aussi une place importante dans certains de ses films les plus récents. Enfin, la solidarité féminine face à des sociétés contraignantes traverse l'ensemble de sa filmographie.