Né le 24 janvier 1970 à Marseille, Emmanuel Mouret étudie le cinéma avant de débuter sa carrière de réalisateur à la fin des années 1990 avec de courts et moyens métrages remarqués en festival. Il s'impose progressivement comme l'un des chroniqueurs les plus fins du marivaudage contemporain avec des films comme Vénus et Fleur en 2004 et Un baiser s'il vous plaît en 2007, comédies romantiques portées par un art du dialogue très écrit. Il poursuit avec Fais-moi plaisir ! en 2009, L'Art d'aimer en 2011 et Caprice en 2015, confirmant sa spécialisation dans la comédie sentimentale sophistiquée. Il connaît une reconnaissance critique élargie avec Mademoiselle de Joncquières en 2018, adaptation en costumes d'un épisode de Jacques le Fataliste de Diderot, puis avec Les Choses qu'on dit, les choses qu'on fait en 2020 et Chronique d'une liaison passagère en 2022. Il continue depuis à développer une œuvre cohérente centrée sur les subtilités du sentiment amoureux.
Mouret revendique l'influence assumée d'Éric Rohmer pour son goût du dialogue littéraire et sa manière d'observer les hésitations sentimentales de ses personnages avec une grande finesse psychologique. Il cite également l'influence du marivaudage théâtral classique français, dont il retrouve la construction subtile dans la plupart de ses scénarios. Son adaptation de Diderot pour Mademoiselle de Joncquières témoigne par ailleurs d'un attachement profond à la littérature du XVIIIe siècle et à sa réflexion sur le désir et la vengeance amoureuse.
Sa mise en scène privilégie un classicisme élégant et une direction d'acteurs très écrite, où le dialogue prime souvent sur l'action, dans la droite lignée de la comédie de mœurs française. Il affectionne les récits construits autour d'hésitations et de faux pas sentimentaux, souvent traités avec une légèreté ironique qui n'exclut jamais une réelle profondeur émotionnelle. Sa mise en scène reste sobre et transparente, laissant toute la place aux dialogues et aux nuances de jeu de ses interprètes.
Emmanuel Mouret a reçu plusieurs nominations aux César tout au long de sa carrière, notamment pour Mademoiselle de Joncquières et Chronique d'une liaison passagère, sans toutefois avoir remporté la statuette à ce jour. Ses films sont régulièrement sélectionnés dans de grands festivals internationaux, où ils sont salués pour la qualité de leur écriture. Il demeure l'un des réalisateurs français contemporains les plus reconnus pour son travail sur la comédie sentimentale d'auteur.
Il a travaillé à plusieurs reprises avec la scénariste Pierre Giraud, coscénariste de plusieurs de ses films les plus récents. Il a également dirigé à de multiples reprises des actrices comme Cécile de France, Camélia Jordana et Sandrine Kiberlain, formant avec elles des collaborations récurrentes au fil de sa filmographie.
Les hésitations et les atermoiements du désir amoureux, souvent traités avec une ironie tendre, constituent le cœur de l'ensemble de son œuvre. La parole et le dialogue comme vecteurs principaux de la séduction et du sentiment amoureux traversent également la totalité de sa filmographie. La vengeance et la manipulation sentimentale, abordées plus frontalement dans Mademoiselle de Joncquières, occupent enfin une place particulière dans ses films les plus récents.