Jeudi, 27 août 2026
Dernières actualités

Antonin Peretjatko

Antonin Peretjatko, réalisateur français de La Fille du 14 juillet et La Loi de la jungle, figure de la comédie satirique héritière de la Nouvelle Vague.

Parcours

Né le 25 mars 1974 à Grenoble, Antonin Peretjatko obtient en 1999 le diplôme de l'École nationale supérieure Louis-Lumière en section cinéma, spécialité chef-opérateur. Il réalise dans les années 2000 plusieurs courts métrages remarqués tout en travaillant comme scénariste, monteur et ingénieur du son, avant de signer le documentaire Derrière les barreaux, centré sur le tournage d'Un prophète de Jacques Audiard. En 2013, son premier long métrage, La Fille du 14 juillet, comédie estivale et politique portée par Vimala Pons et Vincent Macaigne, est sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes et concourt pour la Caméra d'or. Il s'inscrit alors dans une génération de jeunes cinéastes français aux côtés de Justine Triet, Guillaume Brac ou Yann Gonzalez. En 2016, il réalise La Loi de la jungle, retrouvant Vincent Macaigne et Vimala Pons pour une nouvelle comédie satirique. Il poursuit sa carrière avec des documentaires engagés, notamment Voyage au bord de la guerre, consacré à l'Ukraine, sorti en 2025.

Inspirations et Influences

Antonin Peretjatko revendique ouvertement l'héritage de la Nouvelle Vague française, mêlant les apartés face caméra à la Godard, la gestuelle burlesque héritée de Jacques Tati et l'esprit estival et amoureux d'Éric Rohmer. Sa formation de chef-opérateur à l'école Louis-Lumière nourrit un sens aigu du cadre et de la composition visuelle, qu'il met au service d'un cinéma pourtant volontiers foutraque en apparence. Son passage par le documentaire, notamment sur le tournage d'Un prophète de Jacques Audiard, lui offre une observation privilégiée du cinéma de genre plus institutionnel, en contraste avec sa propre pratique indépendante et bricolée.

Style de réalisation

Le cinéaste est reconnu pour un humour visuel très écrit, en dépit d'une apparence d'improvisation totale qu'il dément systématiquement, revendiquant au contraire un découpage minutieux préparé avant chaque tournage. Sa mise en scène mêle comédie gaguesque et mélancolie sourde, un mélange de tons qu'il compare lui-même à une douche écossaise entre rire et vague à l'âme. Il affectionne les personnages livrés au hasard et à l'absurde des situations, tout en gardant un contrôle rigoureux du rythme et du montage, qu'il pratique lui-même sur plusieurs de ses films. Sa filmographie de fiction se distingue par une liberté de ton assumée, satirique et politique, sur fond de comédie populaire et cinéphile.

Distinctions (Oscars, César, Palme d'Or...)

La Fille du 14 juillet est sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes 2013 et concourt pour la Caméra d'or, récompense destinée aux jeunes cinéastes.

Collaborateurs réguliers

Vincent Macaigne et Vimala Pons, retrouvés d'un long métrage à l'autre depuis La Fille du 14 juillet jusqu'à La Loi de la jungle, comptent parmi ses interprètes les plus fidèles. Il travaille également en tant que monteur sur plusieurs de ses propres films, aux côtés de collaborateurs comme Carole Le Page.

Thèmes récurrents

La crise économique et sociale, souvent traitée sur un mode satirique et absurde plutôt que dramatique, structure l'ensemble de ses comédies de fiction. Le hasard et l'improvisation apparente des trajectoires individuelles, contrastant avec une écriture en réalité très maîtrisée, occupent également une place centrale dans son cinéma. Plus récemment, son travail documentaire témoigne d'un engagement plus frontal pour des sujets de société contemporains, notamment le conflit en Ukraine.

🎬 Filmographie (1)

👥 Acteurs associés

🎬 Anecdotes

Antonin Peretjatko a coutume de démentir l'idée que son cinéma serait improvisé, expliquant qu'il ne part jamais en tournage sans un découpage extrêmement précis, virgule après virgule, avec repérages de décors et plans au sol pour la position de chaque caméra. Sur le tournage de La Fille du 14 juillet, une averse inattendue l'a contraint à improviser une recherche de parapluies colorés dans tout un village, un accident de tournage qu'il juge finalement plus réussi que s'il avait fait beau. À trente-sept ans, lorsqu'il réalise son premier long métrage, il avait déjà été scénariste, monteur et ingénieur du son sur de nombreux courts métrages remarqués en festival.