Adrian Molina naît le 23 août 1985 à Yuba City, en Californie, et grandit à Grass Valley au sein d'une famille d'origine mexicaine. Diplômé d'un Bachelor of Fine Arts en animation de personnages à la California Institute of the Arts, il rejoint les studios Pixar dès 2007, après un stage effectué l'année précédente. Ses débuts se font modestement, comme animateur sur la séquence du générique de fin de Ratatouille, avant qu'il ne devienne artiste de storyboard sur Toy Story 3 puis sur Monstres Academy, film pour lequel il conçoit également le générique d'ouverture. Il apporte aussi sa contribution à l'écriture additionnelle du Voyage d'Arlo. Sa carrière prend un tournant décisif lorsqu'il devient scénariste puis co-réalisateur de Coco, aux côtés de Lee Unkrich, un projet auquel il apporte une dimension personnelle liée à son propre héritage culturel. Sorti en 2017, le film est un immense succès public et critique, qui lui vaut de coécrire également plusieurs de ses chansons. Il poursuit avec Elio, dont il assure la réalisation avant de quitter le projet en 2024, non sans en conserver le crédit de co-réalisateur aux côtés de Madeline Sharafian et Domee Shi. Il retrouve aujourd'hui Lee Unkrich pour la préparation de Coco 2.
Le cinéaste puise directement dans son histoire familiale et dans la culture mexicaine pour nourrir son travail, en particulier la tradition du Día de los Muertos qui constitue le cœur battant de Coco. Il évoque volontiers l'influence de son père, dont les carnets de notes et croquis auraient nourri très tôt sa passion pour le dessin et la narration visuelle. Son parcours au sein même de Pixar, où il a gravi les échelons du storyboard à la réalisation, l'a également façonné en lui transmettant une exigence collective propre au studio. Le souci de représenter fidèlement une culture souvent caricaturée à l'écran a été pour lui un moteur créatif essentiel sur Coco.
Adrian Molina se distingue par une attention particulière portée à l'authenticité culturelle, qu'il traite avec autant de rigueur documentaire que de tendresse. Sa mise en scène privilégie l'émotion et la musique comme véritables moteurs narratifs, Coco étant construit presque comme un film musical sans jamais en revendiquer totalement le genre. Il travaille en étroite collaboration avec les équipes d'animation pour restituer des détails visuels précis, jusque dans l'animation la plus technique des personnages. Son approche mêle également un sens aigu du worldbuilding, particulièrement visible dans la conception du monde des morts de Coco, à une écriture qui n'évite jamais les sujets les plus délicats comme le deuil ou l'oubli.
Adrian Molina reçoit l'Oscar du meilleur film d'animation en 2018 pour Coco, partagé avec son co-réalisateur Lee Unkrich et leur productrice. Le film obtient également l'Oscar de la meilleure chanson originale pour Remember Me, à l'écriture de laquelle Molina a lui-même contribué. Cette double reconnaissance installe Coco parmi les grandes réussites de l'animation Pixar et fait de Molina l'un des jeunes talents les plus en vue du studio.
Sa collaboration la plus marquante reste celle avec Lee Unkrich, avec qui il partage la réalisation de Coco et retrouve aujourd'hui les commandes de sa suite. Sur le plan de l'écriture, il travaille étroitement avec Matthew Aldrich, co-scénariste de Coco, ainsi qu'avec la compositrice Germaine Franco, qui signe la partition du film. Le duo Kristen Anderson-Lopez et Robert Lopez, déjà récompensé pour La Reine des Neiges, apporte également sa patte à la chanson centrale du film. Molina reste par ailleurs fidèle à l'écosystème créatif de Pixar, où il continue de collaborer avec plusieurs équipes sur des projets comme Toy Story 5 ou Hoppers.
La mémoire et la transmission entre générations occupent une place centrale dans son œuvre, incarnées par la figure de l'ancêtre oubliée dans Coco. La famille, avec ses tensions, ses secrets et ses traditions parfois pesantes, traverse également l'ensemble de son travail. La musique, envisagée comme un langage capable de réunir les vivants et les morts, structure la dramaturgie de ses films. Enfin, la question de l'identité culturelle et de la fierté des origines revient comme un fil conducteur, prolongé dans ses projets suivants au sein de Pixar.