Paris, été 1942. Irène, dix-neuf ans, rêve de devenir comédienne et prépare avec insouciance le concours d'entrée du Conservatoire, entourée de son père, de sa grand-mère et de son frère qui l'ont toujours soutenue dans sa passion. Mais alors que les lois antisémites se durcissent chaque jour un peu plus autour d'elle, la légèreté de sa jeunesse se heurte progressivement à la menace grandissante qui pèse sur sa famille. Entre premiers émois amoureux et angoisse sourde de l'Histoire en marche, Irène tente de continuer à vivre normalement malgré tout.
Pour son premier long-métrage en tant que réalisatrice, Sandrine Kiberlain choisit de raconter l'Occupation à hauteur d'une adolescente insouciante, refusant délibérément de filmer la violence historique de plein fouet pour mieux en suggérer la menace sourde et grandissante. Le projet, profondément personnel, trouve son origine dans le désir de la réalisatrice d'imaginer ce qu'aurait pu être la vie de sa propre grand-mère, jeune femme juive à cette époque, si l'Histoire n'avait pas basculé dans la tragédie.
La critique salue le parti pris audacieux de Sandrine Kiberlain, qui parvient à traiter la période de l'Occupation par la légèreté et l'insouciance de la jeunesse plutôt que par le pathos habituellement associé à ce type de récit, ainsi que la révélation de la jeune actrice Rebecca Marder dans le rôle principal. Plusieurs observateurs soulignent la délicatesse de la mise en scène, qui laisse la menace historique planer en arrière-plan sans jamais l'exposer frontalement. Le public réserve un accueil très favorable au film dès sa sortie, séduit par cette approche originale d'un sujet pourtant maintes fois traité au cinéma français, ainsi que par la fraîcheur et la spontanéité de l'interprétation de Rebecca Marder. Le film obtient le César du meilleur premier film en 2022, tandis que Rebecca Marder reçoit le César du meilleur espoir féminin pour sa performance dans le rôle d'Irène.
Sandrine Kiberlain explique avoir voulu imaginer la vie qu'aurait pu mener sa propre grand-mère, jeune femme juive vivant à Paris pendant l'Occupation, si l'Histoire n'avait pas pris le tragique tournant que l'on connaît, une démarche intime qui a profondément nourri l'écriture du scénario. Pour son premier long-métrage de réalisatrice, Sandrine Kiberlain a choisi de rester volontairement en retrait de la caméra, préférant se concentrer entièrement sur la direction de ses comédiens et notamment sur celle de la jeune Rebecca Marder, dont c'était l'un des tout premiers grands rôles au cinéma. Le tournage a nécessité une reconstitution soignée du Paris de l'Occupation, tout en conservant une lumière et une esthétique volontairement lumineuses, à contre-courant de la grisaille habituellement associée aux films sur cette période. Rebecca Marder, jusqu'alors principalement connue pour son travail à la Comédie-Française, a dû s'immerger intensément dans son rôle pour incarner avec justesse cette adolescente tiraillée entre insouciance et angoisse grandissante.
Le film explore l'insouciance de la jeunesse confrontée à la montée insidieuse de l'antisémitisme et de la persécution, ainsi que la force du rêve artistique comme échappatoire face à un contexte historique de plus en plus menaçant. Il aborde également les liens familiaux et la protection que les proches d'Irène tentent de lui offrir face à un danger qu'elle-même refuse encore de voir en face.
Le film se termine sur une note volontairement suspendue, alors que la menace qui pèse sur la famille d'Irène devient de plus en plus concrète, sans que la réalisatrice ne montre explicitement le sort tragique qui pourrait attendre les personnages, préférant laisser le spectateur face à l'angoisse diffuse de cette période plutôt que de conclure sur un dénouement démonstratif.
Le titre Une Jeune Fille Qui Va Bien joue sur un contraste volontairement ironique entre l'apparente normalité et insouciance affichée par Irène et la gravité de la situation historique qui l'entoure, soulignant le décalage entre son quotidien de jeune fille ordinaire et la menace grandissante qui pèse sur elle en tant que jeune femme juive sous l'Occupation.
Le succès critique et public du film a confirmé le talent de Sandrine Kiberlain en tant que réalisatrice et a définitivement lancé la carrière cinématographique de Rebecca Marder, depuis très sollicitée par le cinéma français.
La Rafle, Le Journal d'Anne Frank, Adieu Monsieur Haffmann.