Mercredi, 26 août 2026
Dernières actualités

Anthony Bajon

🎂 07/04/1994

📍 Paris, France

🌍 Française

Biographie

Parcours

Anthony Bajon est un acteur français né le 7 avril 1994 à Paris, qui s'est imposé en quelques années comme l'un des jeunes comédiens les plus doués et les plus intenses de sa génération. Il commence le théâtre dès l'enfance dans des ateliers parisiens, développant très tôt un rapport viscéral au jeu et à l'incarnation. Il fait ses débuts au cinéma adolescent, apparaissant dans des courts-métrages et des seconds rôles télévisés. Sa carrière décolle véritablement en 2018 avec La Prière de Cédric Kahn, où il incarne un jeune toxicomane en quête de rédemption dans une communauté religieuse. Ce rôle lui vaut l'Ours d'argent du meilleur acteur au Festival de Berlin, une distinction rarissime pour un comédien de vingt-trois ans. Il enchaîne avec Au nom de la terre (2019) d'Édouard Bergeon, où il joue le fils d'un agriculteur en détresse, confirmant son talent pour les rôles d'une intensité émotionnelle extrême. Il poursuit avec des projets variés, du thriller au drame social, construisant une filmographie exigeante et cohérente. Son parcours est celui d'un acteur qui refuse la facilité et choisit des rôles qui le mettent en danger. Il représente une nouvelle génération de comédiens français engagés corps et âme dans leur art.

Comment son premier rôle a été obtenu

Anthony Bajon a obtenu son premier rôle au cinéma grâce à un casting organisé pour un court-métrage d'école, alors qu'il avait à peine seize ans. Il fréquentait un atelier de théâtre dans le XXe arrondissement de Paris, où un intervenant l'a encouragé à se présenter à cette audition. Sans aucune expérience professionnelle, il s'y rend avec une timidité qu'il transforme en présence brute devant la caméra. Le réalisateur du court-métrage est immédiatement frappé par son regard et sa capacité à habiter un silence. Ce premier tournage, bien que modeste, lui donne le déclic et la certitude que le cinéma est son medium d'expression. Il enchaîne ensuite les petits rôles dans des séries télévisées françaises, apprenant le métier sur le tas. Il suit en parallèle des cours de théâtre intensifs pour perfectionner sa technique. C'est cette période de formation artisanale qui lui forge une discipline de travail et une humilité rares chez un jeune acteur. Chaque petit rôle est une leçon qu'il absorbe avec une avidité totale.

Rôles marquants

Le rôle de Thomas dans La Prière (2018) de Cédric Kahn est un sommet d'intensité : un jeune homme brisé par la drogue qui cherche dans la foi et la communauté un chemin de résurrection. Sa performance, d'une physicalité et d'une vérité émotionnelle stupéfiantes, lui a valu l'Ours d'argent à Berlin. Dans Au nom de la terre (2019), il incarne le fils de Pierre (Guillaume Canet), un jeune homme qui assiste impuissant à la descente aux enfers de son père agriculteur. Son rôle dans Les Harkis (2022) de Philippe Faucon, où il joue un jeune soldat tiraillé entre deux loyautés, montre sa capacité à aborder des sujets historiques complexes. Dans La Troisième Guerre (2020), il incarne un jeune militaire en patrouille dans Paris, un rôle d'une tension permanente. Il a également marqué les esprits dans Tu mérites un amour (2019) de Hafsia Herzi et dans Gagarine (2020). Chacun de ses rôles est une immersion totale, une mise en danger physique et psychologique. Il choisit des personnages en marge, en crise, en quête de sens.

Influences

Anthony Bajon cite Denis Lavant comme son influence absolue, admirant son engagement corporel total et sa capacité à faire de chaque rôle une performance quasi chamanique. Il a été profondément marqué par le cinéma de Robert Bresson, dont la direction d'acteurs épurée et la recherche de vérité l'ont façonné esthétiquement. Le travail de Joaquin Phoenix, notamment dans The Master et Joker, l'inspire par sa capacité à habiter des personnages à la limite de la folie. Il admire le cinéma des frères Dardenne, dont le naturalisme et l'attention aux corps en lutte correspondent à sa propre sensibilité. Le théâtre d'Antonin Artaud et sa notion de « théâtre de la cruauté » ont nourri sa conception d'un jeu qui doit bousculer et déranger. Il puise aussi dans la musique punk et le rap français une énergie brute qu'il canalise dans ses rôles. Le cinéma de Jacques Audiard, par sa violence contenue et sa tendresse pour les marginaux, est une référence constante. Ces influences convergent vers un art de l'incarnation radical et sans compromis.

Style de jeu

Le jeu d'Anthony Bajon est d'une intensité physique et émotionnelle qui sidère : il habite ses personnages avec une totalité qui confine parfois à la transe. Son corps est au centre de son travail : maigreur, tension musculaire, regard fiévreux, mains tremblantes, tout participe à l'incarnation. Il possède une capacité rare à rendre visible la souffrance intérieure sans jamais tomber dans le pathos ou la démonstration. Son jeu est organique, instinctif, comme si chaque prise était une première fois, une urgence vitale. Il excelle dans les rôles de jeunes hommes en rupture, en quête, au bord du gouffre. Sa voix, qu'il peut rendre rauque, cassée, murmurante, est un instrument d'une expressivité remarquable. Il travaille beaucoup en amont sur la physicalité du personnage : poids, démarche, tics, rapport à l'espace. Le résultat est un jeu d'une vérité confondante qui donne au spectateur l'impression de regarder un documentaire plutôt qu'une fiction.

Collaborations régulières

La collaboration avec Cédric Kahn sur La Prière a été fondatrice, le réalisateur lui ayant donné la liberté et le cadre pour explorer ses limites d'acteur. Il a travaillé avec Édouard Bergeon sur Au nom de la terre, une collaboration marquée par un engagement commun pour le monde rural. Sa rencontre avec Hafsia Herzi sur Tu mérites un amour a ouvert un dialogue artistique basé sur l'improvisation et la spontanéité. Il collabore régulièrement avec des réalisateurs du cinéma d'auteur français qui lui offrent des rôles exigeants. Il travaille avec les mêmes coaches et préparateurs physiques pour ses rôles les plus intenses. Il entretient des liens avec d'autres jeunes acteurs de sa génération, formant une sorte de collectif informel. Sa collaboration avec des directeurs de casting spécialisés dans le cinéma d'auteur lui permet d'accéder à des projets ambitieux. Il privilégie les réalisateurs qui prennent le temps de la répétition et de la préparation avec leurs acteurs.

Engagements

Anthony Bajon s'engage auprès d'associations de lutte contre les addictions, un sujet qui le touche profondément depuis son immersion pour La Prière. Il soutient des organisations de défense du monde agricole et paysan, sensibilisé par son travail sur Au nom de la terre. Il participe à des événements caritatifs pour les jeunes en difficulté dans les quartiers populaires de Paris. Sensible à la question de la santé mentale chez les jeunes, il s'exprime sur le sujet dans des interviews et des tables rondes. Il soutient des associations d'aide aux sans-abri et participe à des maraudes hivernales. Il s'engage pour la démocratisation de l'accès à la culture et au théâtre dans les zones rurales. Son engagement est discret mais sincère, ancré dans des convictions personnelles plutôt que dans une stratégie d'image. Il considère que le cinéma doit être un outil de visibilité pour ceux qu'on ne voit pas.

🎬 Réalisateurs avec lesquels Anthony Bajon a collaboré

👥 Acteurs similaires

Guillaume Canet 1 film en commun
Sandrine Kiberlain 1 film en commun
Vincent Lindon 1 film en commun
Emmanuelle Bercot 1 film en commun
Vincent Lacoste 1 film en commun
Rebecca Marder 1 film en commun
Dali Benssalah 1 film en commun
Veerle Baetens 1 film en commun
André Marcon 1 film en commun
Sami Slimane 1 film en commun