Édouard Vuibert, dit Eddie, jeune homme au chômage sans famille ni logement, tente d'échapper à deux escrocs après les avoir bernés au bonneteau lorsqu'il tombe sur Victor Benzakem, patron d'un entrepôt de textile du Sentier. Le prenant à tort pour un juif à cause d'un collier en forme d'étoile de David ramassé par terre, Benzakem l'embauche comme simple manutentionnaire, laissant Eddie s'installer dans ce quiproquo sur ses origines. Peu à peu intégré dans cette communauté chaleureuse et haute en couleur, Eddie gravit les échelons jusqu'à monter sa propre entreprise, tout en tombant amoureux de Sandra, la fille de son patron. Mais la vérité sur ses origines menace à tout moment d'éclater au grand jour et de faire voler en éclats la réussite professionnelle et sentimentale qu'il a patiemment construite.
La Vérité si je mens ! n'est pas tiré d'un livre mais d'un scénario original écrit par Gérard Bitton et Michel Munz, qui songeaient dès 1993 à une comédie sur la communauté juive du quartier du Sentier à Paris, un sujet qu'ils jugeaient risquer de briser certains tabous en abordant frontalement la volonté de réussite financière propre à cet univers commercial. Le personnage principal a été construit en s'inspirant des débuts parisiens de Mehmood Bhatti, tandis que le producteur Aïssa Djabri, séduit par le réalisme recherché de Thomas Gilou après le succès du film Raï, lui a confié la réalisation du projet. Le rôle d'Eddie était initialement destiné à Bruno Solo, jugé alors pas assez connu par les producteurs, avant d'être finalement confié à Richard Anconina, dont le statut de véritable acteur juif interprétant un non-juif se faisant passer pour tel a particulièrement touché la communauté sépharade concernée par le film. Gilbert Melki, initialement recruté comme simple figurant à la suite d'une petite annonce, a lui-même demandé à rencontrer Thomas Gilou pour obtenir un rôle plus conséquent, une audace payante puisqu'il a finalement été rappelé après ses essais. Le film s'inscrit dans une démarche revendiquée de montrer le quartier du Sentier de façon concrète, comme un lieu de travail authentique plutôt que comme un simple décor pittoresque.
La critique a réservé un accueil très favorable à cette comédie inédite dans le paysage cinématographique français, saluant un pitch original centré sur un non-juif se faisant passer pour juif dans le quartier du Sentier, ainsi qu'une véritable déclaration d'amour à la communauté sépharade et à l'amitié virile. Les observateurs ont particulièrement salué l'exceptionnel casting réuni par Thomas Gilou, notamment Richard Anconina, rare au cinéma à cette époque, ainsi que Vincent Elbaz, Bruno Solo et Elie Kakou. Le film a été identifié comme la première comédie française à placer la communauté juive sépharade des milieux de la confection au cœur de son récit, une audace saluée par la presse comme un phénomène d'intégration réussi plutôt que comme une œuvre particulariste. La sincérité et la tendresse du regard porté sur cet univers, loin de toute caricature agressive, ont également été largement appréciées.
Le public a réservé un accueil triomphal au film, qui a rassemblé près de quatre millions neuf cent mille spectateurs en France lors de sa sortie, dont plus d'un million deux cent mille rien qu'à Paris, un score exceptionnel pour une comédie indépendante centrée sur un sujet aussi spécifique. Le film est rapidement devenu un phénomène de société, popularisant durablement l'univers du Sentier et de la communauté juive sépharade auprès du grand public français.
La Vérité si je mens ! a remporté le Grand Prix et le Prix du public au Festival international du film de comédie de l'Alpe d'Huez en 1997, ainsi que le prix du meilleur jeune espoir féminin pour Amira Casar, confirmant la reconnaissance de la profession pour ce projet qui allait donner naissance à toute une saga cinématographique.
Le rôle d'Eddie, personnage central du film, était initialement destiné à Bruno Solo, jugé pas suffisamment connu par les producteurs de l'époque, avant que Richard Anconina ne soit finalement choisi pour incarner ce non-juif contraint de se faire passer pour tel dans le Sentier. Gilbert Melki, recruté au départ comme simple figurant après avoir répondu à une petite annonce de casting, a demandé avec aplomb à rencontrer Thomas Gilou pour obtenir un rôle plus important, une initiative qui a été récompensée trois jours plus tard par un rôle plus conséquent dans le film. Le compositeur Gérard Presgurvic, plus tard célèbre pour la comédie musicale Roméo et Juliette, de la haine à l'amour, a signé la bande originale de ce premier volet de la saga. Plusieurs faux raccords sont restés célèbres parmi les spectateurs les plus attentifs, notamment lors d'une scène où le personnage d'Eddie change étrangement de position entre le siège passager et le volant d'une voiture en l'espace de quelques plans. Le film est dédié à la mémoire d'Elie Kakou, interprète du personnage de Rafi Styl'mode, décédé deux ans avant la sortie de la suite du film, un hommage émouvant qui traverse toute la saga.
La Vérité si je mens ! explore l'intégration et le phénomène des mariages mixtes à travers le prisme d'un quiproquo identitaire assumé, questionnant les frontières parfois poreuses entre appartenance culturelle et acceptation communautaire. Le film aborde aussi l'ascension sociale par le travail acharné, à travers le parcours d'Eddie qui gravit patiemment les échelons du commerce textile jusqu'à monter sa propre entreprise. L'amitié virile et la solidarité communautaire occupent également une place centrale, incarnées par la bande de copains hauts en couleur qui entoure et soutient le personnage principal tout au long de son ascension. Enfin, le film questionne le mensonge et ses conséquences sur les relations amoureuses et amicales, Eddie devant constamment jongler avec le poids de son secret pour préserver la vie qu'il a construite.
Alors que les préparatifs de son mariage avec Sandra battent leur plein, Eddie se démasque involontairement et révèle qu'il n'est en réalité pas juif, déclenchant la colère et le scandale au sein de la communauté qui l'avait pourtant accueilli à bras ouverts pendant des années. Cette révélation, point culminant dramatique du récit, met à l'épreuve la sincérité des liens amicaux et amoureux tissés par Eddie tout au long de son parcours dans le Sentier. Le film choisit finalement une résolution où l'amour et l'amitié authentiques finissent par triompher du mensonge initial, Sandra et l'entourage d'Eddie parvenant à lui pardonner cette tromperie née d'un simple concours de circonstances plutôt que d'une réelle malveillance.
Le titre La Vérité si je mens ! reprend une expression populaire couramment utilisée dans le langage courant pour insister sur la sincérité d'une affirmation, formule particulièrement associée dans l'imaginaire collectif français aux commerçants et négociants du quartier du Sentier. Ce titre, à la fois familier et immédiatement identifiable, résume avec ironie l'ensemble du récit puisque le personnage principal du film ment justement en permanence sur ses origines tout au long de l'histoire. L'expression, empruntée directement au vocabulaire oral de la communauté dépeinte dans le film, ancre le titre dans une authenticité populaire cohérente avec la démarche de réalisme revendiquée par Thomas Gilou.
Sorti en France le 2 mai 1997, La Vérité si je mens ! a rassemblé près de quatre millions neuf cent mille spectateurs, devenant un véritable phénomène de société qui a durablement marqué la comédie française des années 1990. Ce succès a directement entraîné la production de deux suites, La Vérité si je mens ! 2 en 2001 et La Vérité si je mens ! 3 en 2012, ainsi que d'une préquelle intitulée La Vérité si je mens ! Les débuts, sortie en 2019.
Les amateurs de cette comédie sur la communauté juive sépharade de Paris pourront se tourner vers Sur la vie d'ma mère, série télévisée directement inspirée du succès phénoménal de La Vérité si je mens !, ou vers La Vérité si je mens ! 2 et 3, les deux suites de la saga qui poursuivent les aventures d'Eddie et de sa bande d'amis dans le monde du commerce.