🎂 16/01/1942
📍 Neuenburg am Rhein, Allemagne
🌍 Française
Richard Bohringer est un acteur, réalisateur et écrivain français né le 16 janvier 1942 à Neuenburg am Rhein, en Allemagne, où ses parents étaient réfugiés pendant la Seconde Guerre mondiale. Fils d'un père français et d'une mère allemande, il grandit en France, bercé par les cultures populaires et les voix du quartier. Formé au théâtre, il débute sa carrière sur les planches avant de se tourner vers le cinéma au début des années 1970. Sa rencontre avec Jean-Jacques Beineix marque un tournant décisif : Diva (1981) le révèle au grand public et lui offre un rôle iconique. Les années 1980 et 1990 le voient construire une filmographie solide avec des rôles dans Le Grand Chemin, Tchao Pantin et Coup de torchon. Son parcours est marqué par une singularité radicale, alternant entre cinéma d'auteur exigeant et projets plus populaires. Les Égaux (2002) et Le Grand Patron (2006) confirment sa capacité à se réinventer. Son parcours est celui d'un acteur qui a toujours privilégié l'authenticité à la notoriété, refusant les compromissions et les rôles de convenance.
Richard Bohringer a obtenu son premier rôle grâce à sa participation à des ateliers de théâtre dans le quartier populaire de son enfance. Un metteur en scène l'y repère lors d'une représentation et lui propose un petit rôle au théâtre. Cette première expérience scénique lui permet de découvrir le plaisir du jeu et de confirmer sa vocation. Il enchaîne ensuite les petits rôles au théâtre et au cinéma, apprenant le métier sur le tas. Sa rencontre avec le réalisateur Jean-Jacques Beineix, qui lui confie le rôle de Gorodish dans Diva, change véritablement la donne. Le film, sélectionné à Cannes et dans de nombreux festivals, lui offre une visibilité immédiate et une reconnaissance critique. Cette période d'apprentissage lui forge une discipline de travail et une exigence qui le serviront tout au long de sa carrière. C'est la rencontre avec un réalisateur exigeant qui a révélé son talent brut.
Gorodish dans Diva (1981) de Jean-Jacques Beineix reste son rôle le plus iconique : un aventurier mystérieux et magnétique qui devient le protecteur d'une jeune chanteuse, une performance d'une élégance rare. Dans Le Grand Chemin (1987) de Jean-Loup Hubert, il incarne un homme paumé qui trouve une forme de rédemption auprès d'un enfant, un rôle d'une humanité bouleversante. Son interprétation dans Tchao Pantin (1983) aux côtés de Richard Anconina montre sa capacité à habiter des personnages complexes. Coup de torchon (1981) de Bertrand Tavernier confirme son aisance dans le cinéma d'auteur exigeant. Les Égaux (2002) de Jean-Pierre Mocky le révèle dans un registre plus politique. Plus récemment, Le Grand Patron (2006) et Le Dernier pour la route (2009) confirment son éclectisme. Chaque rôle est une incarnation totale, servie par une présence et une authenticité rares.
Richard Bohringer cite Jean Gabin comme son influence absolue, admirant sa capacité à incarner des hommes du peuple avec une dignité et une vérité rares. Il a été profondément marqué par le cinéma de Jean-Pierre Melville, dont la rigueur formelle et l'élégance ont nourri sa propre approche. Le théâtre de Samuel Beckett, qu'il a beaucoup joué, a façonné sa compréhension de l'absurde et du tragique. Il revendique l'influence du cinéma néoréaliste italien, notamment de Vittorio De Sica, dont l'humanisme résonne avec sa propre sensibilité. Le cinéma de Bertrand Blier, par sa crudité et son humanisme, est une référence constante. Il puise aussi dans la littérature de Louis-Ferdinand Céline et Jean Genet une inspiration pour ses choix de rôles. La musique jazz et la chanson française accompagnent sa préparation des personnages. Ces influences multiples font de lui un acteur d'une profondeur et d'une authenticité rares.
Le jeu de Richard Bohringer se distingue par une authenticité brute et une capacité à incarner des hommes du peuple avec une vérité dérangeante. Il possède une expressivité faciale remarquable, capable de transmettre des émotions contradictoires en une fraction de seconde. Son travail sur la voix est soigné : son timbre reconnaissable et ses inflexions donnent une musicalité singulière à ses personnages. Il excelle dans les rôles d'hommes paumés, d'aventuriers magnifiques, porteurs d'une humanité qui touche au cœur. Son jeu est d'une économie remarquable, sachant que l'essentiel se joue souvent dans le silence et la retenue. Il travaille énormément en amont sur la psychologie du personnage, tout en laissant une place à l'instinct et à la surprise du moment. Son rapport à la caméra est d'une intensité troublante, comme s'il habitait pleinement chaque instant. Il incarne un art de l'acteur héritier des grands acteurs du cinéma populaire français.
Richard Bohringer a travaillé avec les plus grands réalisateurs français, de Jean-Jacques Beineix à Bertrand Tavernier, construisant une filmographie d'une diversité remarquable. Sa collaboration avec Jean-Jacques Beineix sur Diva a été fondatrice, lui offrant son premier grand rôle et une reconnaissance critique. Il a tourné à plusieurs reprises avec Bertrand Blier, développant avec lui un dialogue artistique autour de la crudité et de l'humanisme. Avec Jean-Pierre Mocky, il a exploré des territoires politiques exigeants dans Les Égaux. Il collabore régulièrement avec des réalisateurs du cinéma d'auteur français, apportant sa singularité à des projets ambitieux. Avec Richard Anconina, il a formé un duo mémorable dans Tchao Pantin. Il entretient des liens professionnels avec des acteurs de sa génération, formant une sorte de famille de cinéma. Ces fidélités lui permettent de pousser toujours plus loin son art dans des univers de confiance.
Richard Bohringer est un défenseur actif des causes sociales et s'exprime régulièrement sur les questions d'inégalité et de précarité en France. Il soutient des associations de lutte contre l'exclusion et participe à des campagnes de sensibilisation. Il s'engage auprès d'organisations venant en aide aux sans-abri, relayant régulièrement leurs campagnes. Il participe à des événements caritatifs pour la préservation du patrimoine culturel populaire. Sensible à la question de la représentation des classes populaires dans le cinéma, il milite pour plus de diversité dans l'industrie. Il soutient des associations de promotion du théâtre auprès des jeunes issus de milieux défavorisés. Son engagement pour la cause des immigrés est également notable. Il considère que l'artiste a un devoir de témoignage et de solidarité envers les invisibles de la société.