🎂 13/07/1984
📍 Strasbourg, France
🌍 Française
Pio Marmaï naît en 1984 à Strasbourg, dans une famille profondément liée au monde du spectacle grâce à sa mère costumière et son père scénographe d'origine italienne. Il grandit bercé par l'univers de l'Opéra de Strasbourg, ce qui nourrit très tôt son envie de monter lui-même sur scène. Il se forme au Conservatoire de Créteil, à la Scuola Commedia dell'Arte puis au Centre dramatique national de Saint-Étienne, avant de débuter au théâtre à la Comédie-Française à la fin des années 2000. Sa transition vers le cinéma s'opère rapidement et avec succès, portée par une énergie et une spontanéité qui séduisent immédiatement critiques et réalisateurs. En une quinzaine d'années, il devient l'un des visages les plus reconnaissables du cinéma populaire français, alternant comédies grand public et rôles dramatiques exigeants. Il poursuit aujourd'hui une carrière prolifique, aussi bien au cinéma qu'à la télévision, avec des projets internationaux comme la série Néro the Assassin.
Marmaï se fait d'abord remarquer sur les planches, dans des pièces classiques mises en scène à la Comédie-Française, avant de tenter sa chance au cinéma. Sa participation à la minisérie Rien dans les poches, aux côtés d'Emma de Caunes, attire l'attention de plusieurs directeurs de casting. C'est cependant son rôle dans la comédie Didine, en 2008, qui marque sa toute première apparition au cinéma. La même année, le réalisateur Rémi Bezançon lui confie un rôle important dans Le Premier Jour du reste de ta vie, où il incarne l'un des fils de famille interprétés par Zabou Breitman et Jacques Gamblin. Cette performance, remarquée par la critique, lui vaut une première nomination au César du meilleur espoir masculin. Ce rôle fondateur ouvre définitivement les portes du cinéma français à ce jeune comédien venu du théâtre.
Son rôle dans Le Premier Jour du reste de ta vie en 2008 reste l'un des tournants de sa carrière naissante et lui vaut une reconnaissance immédiate du public français. Il enchaîne avec des comédies populaires comme Neuf mois ferme d'Albert Dupontel, avant de s'illustrer dans des registres plus dramatiques avec Le Chant du loup en 2019. Son interprétation dans En liberté ! de Pierre Salvadori lui vaut une nomination au César du meilleur acteur et confirme sa capacité à briller dans la comédie comme dans le drame. Il impressionne également dans La Fracture de Catherine Corsini, portrait social sensible autour du mouvement des gilets jaunes. Sa performance dans L'Attachement en 2024 lui vaut le Swann d'or du meilleur acteur au Festival du film de Cabourg. Ces rôles marquants témoignent d'une palette de jeu large, allant de la comédie populaire au cinéma d'auteur le plus exigeant.
Marmaï revendique l'influence de la comedia dell'arte, discipline qu'il a étudiée en Italie et qui imprègne encore sa gestuelle expressive et son sens du rythme comique. Le théâtre classique français, notamment à travers son passage par la Comédie-Française, façonne également sa rigueur d'interprétation. Il cite volontiers des acteurs français populaires des générations précédentes, capables de conjuguer succès public et exigence artistique. La disparition de sa mère, évoquée publiquement en 2023, a profondément influencé son approche plus intime et sensible de certains rôles récents. Son goût pour les histoires ancrées dans la réalité sociale contemporaine transparaît dans le choix de nombreux projets récents comme La Fracture. Cette diversité d'influences, entre tradition théâtrale et engagement contemporain, nourrit la richesse de son jeu au cinéma.
Le jeu de Marmaï se caractérise par une énergie physique communicative, héritée en partie de sa formation à la comedia dell'arte et de son expérience de la scène. Il excelle dans les personnages à la fois drôles et fragiles, capables de faire rire tout en laissant transparaître une vraie profondeur émotionnelle. Sa spontanéité apparente, souvent saluée par les réalisateurs, cache en réalité un travail minutieux de préparation et d'écoute de ses partenaires de jeu. Il n'hésite pas à s'engager physiquement dans ses rôles, que ce soit dans des comédies rythmées ou des drames sociaux plus exigeants. Cette capacité à naviguer avec aisance entre les genres fait de lui l'un des acteurs les plus polyvalents de sa génération en France. Son style reste marqué par une sincérité constante, perceptible aussi bien dans ses rôles comiques que dramatiques.
Marmaï retrouve à plusieurs reprises le réalisateur Cédric Klapisch, notamment dans Ce qui nous lie en 2017, une collaboration marquante dans sa filmographie. Il collabore également de manière répétée avec Pierre Salvadori, qui lui offre l'un de ses rôles les plus remarqués dans En liberté !. Sa complicité avec des partenaires de jeu comme Vincent Macaigne, croisé dans plusieurs films, contribue à construire une véritable famille artistique au sein du cinéma français contemporain. Il retrouve également Catherine Corsini pour La Fracture, film au fort ancrage social et politique. Sa collaboration avec Charlotte Ranson, danseuse à l'Opéra de Paris et compagne depuis 2015, influence par ailleurs certains de ses choix artistiques les plus personnels. Ces collaborations récurrentes témoignent de la confiance que lui accordent des réalisateurs aux univers pourtant très différents.
Marmaï s'est publiquement exprimé sur la santé mentale, notamment après le décès de sa mère, en évoquant ouvertement son propre suivi psychologique dans la presse. Il soutient plusieurs initiatives liées à la sensibilisation du grand public sur le deuil et l'accompagnement psychologique. Sensible aux questions sociales, il choisit régulièrement des projets engagés, comme La Fracture, qui traite des tensions sociales et politiques en France. Il a été fait chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres, une distinction saluant son engagement pour le rayonnement de la culture française. Il participe également à des événements de soutien à de jeunes compagnies théâtrales, en écho à ses propres débuts sur les planches. Cet ancrage dans le monde du théâtre indépendant reste une valeur importante qu'il continue de défendre malgré sa notoriété cinématographique.