🎂 11/02/1989
📍 Montreuil, Seine-Saint-Denis, France
🌍 Française
Adèle Haenel grandit à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, dans une famille où sa mère est enseignante et son père traducteur d'origine autrichienne. Dès l'âge de cinq ans, elle suit des cours de théâtre, une passion précoce qui structure toute son enfance. À treize ans, un casting la conduit vers le cinéma, un tournant qui va bouleverser sa trajectoire personnelle et professionnelle. Son enfance est également marquée par des années difficiles, qu'elle évoquera publiquement bien plus tard dans sa carrière. Cette double expérience, entre apprentissage artistique précoce et épreuves personnelles, façonne une actrice à la fois précise et engagée. Elle poursuit en parallèle une scolarité classique tout en multipliant les tournages dès son plus jeune âge.
C'est à l'âge de treize ans qu'Adèle Haenel est repérée par le réalisateur Christophe Ruggia pour incarner un rôle dans le film Les Diables, sorti en 2002. Cette première expérience cinématographique, aux côtés de l'acteur débutant Vincent Rottiers, marque son entrée précoce dans le métier. Après une pause de cinq années durant lesquelles elle s'éloigne des plateaux, elle revient au cinéma en 2007 grâce à la réalisatrice Céline Sciamma, qui lui offre le rôle de Floriane dans Naissance des pieuvres. La directrice de casting du film, Christel Baras, la sollicite pour ce rôle qui deviendra fondateur, tant pour sa carrière que pour sa collaboration durable avec Céline Sciamma. Ce retour au cinéma lui vaut sa première nomination au César du meilleur espoir féminin, confirmant un potentiel déjà pressenti des années plus tôt.
Adèle Haenel s'illustre en 2011 dans L'Apollonide - Souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello, une prestation qui lui vaut une nouvelle nomination aux César ainsi que le Prix Lumière du meilleur espoir féminin. En 2014, elle obtient le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour Suzanne de Katell Quillévéré, où elle interprète la sœur du personnage joué par Sara Forestier. La même année, elle présente à Cannes Les Combattants de Thomas Cailley, film qui lui vaut en 2015 le César de la meilleure actrice. Elle retrouve Céline Sciamma en 2019 pour Portrait de la jeune fille en feu, présenté en compétition officielle à Cannes, qui marque l'un des sommets de leur collaboration artistique. Elle partage également l'affiche avec Jean Dujardin dans Le Daim de Quentin Dupieux, un film au ton singulier qui témoigne de la diversité de ses choix artistiques.
Adèle Haenel cite volontiers sa collaboration avec Céline Sciamma comme l'une des influences les plus déterminantes de sa carrière, une relation artistique et personnelle qui a façonné une grande partie de son parcours. Son passage précoce par le théâtre, dès l'âge de cinq ans, lui a transmis une discipline et une rigueur qu'elle a conservées tout au long de sa carrière d'actrice. Elle revendique également un intérêt marqué pour les récits féministes et les personnages féminins complexes, une orientation qui infuse la plupart de ses choix de rôles depuis Naissance des pieuvres. Ses prises de position publiques sur les violences faites aux femmes nourrissent aussi, en retour, sa manière d'aborder certains rôles et certains projets.
Le jeu d'Adèle Haenel se distingue par une intensité rare et une capacité à habiter des personnages complexes avec une vérité troublante. Elle sait conjuguer une présence physique affirmée et une profondeur émotionnelle qui lui permettent d'aborder des registres très variés, du drame social à la comédie la plus décalée. Sa collaboration prolongée avec Céline Sciamma a permis de développer un jeu d'une grande finesse, tout en retenue et en intensité contenue. Elle privilégie les rôles qui interrogent les rapports de pouvoir et les dynamiques sociales, un choix qui traverse une grande partie de sa filmographie.
Céline Sciamma demeure la collaboratrice la plus fidèle d'Adèle Haenel, les deux femmes ayant travaillé ensemble sur Naissance des pieuvres puis sur Portrait de la jeune fille en feu, plus d'une décennie plus tard. Cette relation artistique de longue date constitue l'un des piliers les plus reconnaissables de sa carrière. Elle a également collaboré à plusieurs reprises avec des cinéastes de renom du cinéma d'auteur français, contribuant à asseoir sa réputation d'actrice exigeante et sélective dans ses choix de rôles.
Adèle Haenel révèle en 2019 avoir été victime d'attouchements et de harcèlement sexuel de la part du réalisateur Christophe Ruggia lorsqu'elle était mineure, devenant ainsi la première actrice française à prendre publiquement la parole dans le sillage du mouvement MeToo. Cette prise de parole déclenche un vaste mouvement de libération dans le cinéma français et fait d'elle l'une des figures les plus engagées de sa génération contre les violences sexuelles. Lors de la cérémonie des César 2020, elle quitte la salle en signe de protestation après la remise du prix du meilleur réalisateur à Roman Polanski, un geste fort largement commenté. Elle a par la suite choisi de s'éloigner du cinéma pour se consacrer à d'autres formes d'engagement politique et militant.