🎂 28/09/1965
📍 Gennevilliers, Hauts-de-Seine, France
🌍 Franco-marocaine
Roschdy Zamzem naît à Gennevilliers, dans une famille d'immigrés marocains, son père travaillant comme ouvrier dans le bâtiment et sa mère, arrivée plus tard en France, exerçant comme femme de ménage. Il passe une partie de son enfance dans un bidonville de Nanterre avant que sa famille ne rejoigne une cité HLM à Drancy, un parcours marqué par la précarité mais qu'il décrit lui-même comme heureux. Confié à une famille d'accueil belge via le Secours catholique jusqu'à ses six ans, il garde de cette période un souvenir stable, porté par une passion précoce pour le football. Faute de lycée adapté à Drancy, il interrompt ses études pour s'engager dans l'armée française, avant de travailler comme vendeur aux puces de Clignancourt puis sur les marchés. Son prénom, Roschdy, rend hommage à l'acteur égyptien Rouchdi Abaza, un clin d'œil familial à l'univers du cinéma qui allait devenir le sien.
Sa toute première expérience cinématographique remonte à 1987, avec une simple figuration dans Les Keufs de Josiane Balasko, alors qu'il gagne toujours sa vie en vendant des jeans sur les marchés parisiens. C'est un assistant du réalisateur André Téchiné qui le repère et lui offre de petits rôles dans J'embrasse pas et Ma saison préférée, deux films sortis en 1991, tout en se produisant épisodiquement au théâtre. Il découvre véritablement le théâtre sur le tard, à l'âge de vingt ans, alors qu'il exerce encore son métier de vendeur, au Théâtre Mogador à Paris. Ce parcours d'entrée progressive dans le métier, sans formation classique initiale, illustre une reconversion tardive mais déterminée vers la comédie. Sa carrière prend véritablement son envol à trente ans, grâce à deux prestations remarquées qui installent durablement sa réputation.
Ses rôles dans N'oublie pas que tu vas mourir de Xavier Beauvois et En avoir ou pas de Laetitia Masson, tous deux sortis en 1995, marquent le véritable décollage de sa carrière à l'âge de trente ans. Il enchaîne ensuite avec Ceux qui m'aiment prendront le train de Patrice Chéreau et Alice et Martin d'André Téchiné en 1998, puis Ma petite entreprise de Pierre Jolivet, qui lui vaut une première nomination au César du meilleur second rôle. En 2006, il partage avec trois autres acteurs d'origine maghrébine le prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes pour Indigènes de Rachid Bouchareb, un film retraçant le parcours de soldats nord-africains durant la Seconde Guerre mondiale. Il remporte ensuite plusieurs Césars du meilleur acteur dans un second rôle, pour Le Petit Lieutenant en 2006, La Fille de Monaco en 2009, avant de décrocher le César du meilleur acteur en 2020 pour Roubaix, une lumière d'Arnaud Desplechin. Cette filmographie exceptionnelle, riche de plus d'une centaine de rôles, fait de lui l'un des acteurs français les plus respectés et récompensés de sa génération.
Son parcours personnel, marqué par l'immigration, la précarité et un passage par l'armée avant de découvrir le théâtre sur le tard, nourrit une sensibilité particulière pour les rôles de composition sociale et humaine. Sa rencontre déterminante avec André Téchiné, dès le début des années 1990, a profondément influencé sa trajectoire artistique et sa légitimité naissante dans le cinéma d'auteur français. Le prénom qu'il porte, en hommage à l'acteur égyptien Rouchdi Abaza, témoigne d'un lien symbolique précoce avec le cinéma, transmis par sa famille. Cette combinaison d'expérience vécue et de rencontres artistiques déterminantes façonne un acteur d'une remarquable authenticité.
Roschdy Zem excelle dans un registre alliant robustesse physique et grande sensibilité, capable de conjuguer cinéma social, comédie populaire et films psychologiques exigeants. Sa présence à l'écran, à la fois solide et empreinte de vulnérabilité, lui permet d'incarner avec crédibilité des personnages de policiers, de pères ou d'hommes ordinaires confrontés à des situations extrêmes. Cette polyvalence remarquable, qui lui a valu le surnom d'acteur ayant tourné dans plus d'une centaine de films, reste la marque la plus reconnaissable de son jeu. Il sait également transmettre une profondeur morale rare, particulièrement appréciée dans ses collaborations avec les plus grands cinéastes français.
Sa collaboration la plus déterminante reste celle avec André Téchiné, qui l'a révélé au début des années 1990 avec J'embrasse pas puis Alice et Martin. Il a également travaillé à plusieurs reprises avec Pierre Jolivet, notamment sur Ma petite entreprise, une association qui a marqué le début de sa reconnaissance critique. Sa collaboration avec Patrice Chéreau sur Ceux qui m'aiment prendront le train illustre également son attrait pour le cinéma d'auteur exigeant. Passé lui-même à la réalisation dès 2006 avec Mauvaise Foi, il continue de mener une double carrière d'acteur et de cinéaste, ayant notamment réalisé Chocolat en 2016 et Les Miens en 2023.
Roschdy Zem a été nommé chevalier dans l'ordre national du Mérite en 2007, en reconnaissance de vingt-trois années d'activités artistiques au service du cinéma français. Il a été promu commandeur dans l'ordre des Arts et des Lettres en octobre 2025, une distinction supplémentaire saluant l'ensemble de sa carrière. En 2016, il est fait commandeur de l'ordre du Mérite national par le roi Mohammed VI, une reconnaissance de ses origines marocaines et de son rayonnement international. Il continue de s'impliquer dans des œuvres traitant de l'histoire de l'immigration et de la diversité française, notamment à travers son travail de réalisateur.