🎂 14/08/1984
📍 Poitiers, Vienne, France
🌍 Française
Benjamin Lavernhe naît le 14 août 1984 à Poitiers, dans la Vienne. Il débute son parcours scolaire par une classe préparatoire littéraire avant de s'orienter vers des études d'information et de communication à l'Institut français de presse à Paris, dans l'objectif initial de devenir journaliste. Après l'obtention de sa licence, il choisit finalement de bifurquer vers le théâtre et s'inscrit aux cours du soir du Cours Florent, où il intègre ensuite la classe libre sous la direction de Jean-Pierre Garnier et Loïc Corbery. En 2008, il franchit une étape décisive en intégrant le prestigieux Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris, où il est formé par des figures majeures du théâtre français comme Dominique Valadié, Alain Françon et Olivier Py. Cette formation exigeante, combinant rigueur académique et exploration artistique, forge chez lui une approche du jeu à la fois cérébrale et sensible. Son parcours atypique, de la presse au théâtre classique, témoigne d'une réorientation assumée vers sa véritable vocation.
Son premier grand rôle au théâtre survient en 2011, lorsqu'Olivier Py lui confie le rôle de Benvolio dans une mise en scène de Roméo et Juliette de Shakespeare, présentée à l'Odéon-Théâtre de l'Europe. Cette performance marque un tournant dans sa jeune carrière et le fait remarquer par les professionnels du secteur. Au cinéma, il fait ses débuts dans la comédie Radiostars de Romain Levy, une première expérience de plateau qui complète sa formation théâtrale. Mais c'est véritablement son entrée à la Comédie-Française en tant que pensionnaire, le 1er octobre 2012, qui installe durablement sa réputation d'acteur exigeant et polyvalent. Il y joue notamment le rôle de Lycante dans La Place Royale de Corneille, mis en scène par Anne-Laure Liégeois. Sa progression rapide au sein de la vénérable institution, où il est promu sociétaire dès 2019, témoigne d'une reconnaissance précoce de son talent par ses pairs. Ce parcours institutionnel constitue un socle rare dans le paysage des jeunes acteurs français de sa génération.
En 2015, il se fait connaître du grand public en incarnant un jeune homme autiste dans Le Goût des merveilles d'Éric Besnard, aux côtés de Virginie Efira, une performance saluée pour sa justesse. Il enchaîne avec le rôle principal de la comédie Rupture pour tous, où il campe le fondateur d'une entreprise spécialisée dans les séparations amoureuses. Après avoir interprété Jean-Michel Cousteau dans le biopic L'Odyssée consacré au commandant Cousteau, il connaît une consécration critique et publique avec Le Sens de la fête d'Éric Toledano et Olivier Nakache en 2017, où son rôle de marié exigeant face à Jean-Pierre Bacri lui vaut sa première nomination aux César. Il obtient ensuite une nouvelle nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle pour Antoinette dans les Cévennes en 2020, où il donne la réplique à Laure Calamy. Il devient tête d'affiche avec Le Discours de Laurent Tirard en 2021, la même année où il rejoint le casting choral de The French Dispatch de Wes Anderson, présenté en compétition au Festival de Cannes. En 2025, il est nommé une cinquième fois aux César, cette fois comme meilleur acteur, pour En fanfare d'Emmanuel Courcol, confirmant sa place parmi les acteurs les plus respectés de sa génération.
Formé au Conservatoire national supérieur d'art dramatique par des maîtres comme Alain Françon et Olivier Py, Benjamin Lavernhe puise une grande partie de son approche du jeu dans le répertoire classique français, qu'il continue d'explorer avec passion au sein de la Comédie-Française. Il cite volontiers Molière, dont il a notamment interprété Scapin dans une mise en scène saluée par la critique, comme une référence essentielle dans sa construction d'acteur. Son admiration pour Jim Carrey, révélée dans plusieurs interviews, témoigne d'un intérêt pour le jeu physique et l'excès comique maîtrisé, qu'il a pu explorer dans certains de ses rôles cinématographiques. Sa collaboration avec Jean-Pierre Bacri sur Le Sens de la fête l'a profondément marqué, l'acteur disparu lui ayant transmis une leçon d'humilité et de précision dans le jeu comique. Le répertoire classique européen, de Racine à Ibsen en passant par Feydeau, qu'il pratique régulièrement sur les planches du Français, nourrit également en profondeur sa palette d'interprète. Cette double culture, entre exigence théâtrale classique et goût pour la comédie populaire contemporaine, façonne un style singulier dans le paysage des acteurs français actuels.
Benjamin Lavernhe se distingue par une capacité rare à conjuguer une précision de diction héritée du théâtre classique avec une expressivité comique très physique, héritée notamment de son admiration pour les grands burlesques. Son jeu, souvent marqué par une forme de fébrilité maîtrisée, lui permet d'incarner des personnages en délicatesse ou en décalage avec leur entourage, comme dans Le Goût des merveilles ou Le Sens de la fête. Il excelle particulièrement dans l'art du contretemps comique, un savoir-faire affiné par sa pratique intensive du théâtre de répertoire, notamment les Fourberies de Scapin. Sa diction impeccable, fruit de sa formation au Conservatoire, lui confère une élégance de langage qui tranche parfois avec la fébrilité physique de ses personnages, créant un contraste saisissant. Il sait également instaurer une vulnérabilité touchante dans ses rôles dramatiques, comme le prouve sa performance remarquée dans En fanfare. Cette polyvalence entre comédie exubérante et drame tout en retenue constitue la signature de son jeu, aussi bien au théâtre qu'au cinéma.
Il entretient une collaboration privilégiée avec le duo de réalisateurs Éric Toledano et Olivier Nakache, qui l'ont révélé au grand public avec Le Sens de la fête. Sa fidélité à la Comédie-Française, où il évolue depuis 2012 et dont il est devenu le 534e sociétaire en 2019, constitue le socle de son parcours artistique, avec des metteurs en scène réguliers comme Denis Podalydès. Il a par ailleurs retrouvé à plusieurs reprises Virginie Efira à l'écran, leur duo dans Le Goût des merveilles ayant marqué les esprits. Sa collaboration avec Emmanuel Courcol sur En fanfare, aux côtés de Pierre Lottin, lui a valu l'une des nominations les plus importantes de sa carrière au César du meilleur acteur en 2025. Il a également travaillé avec Wes Anderson sur The French Dispatch, une expérience internationale marquante au sein d'un casting choral prestigieux. Ces collaborations répétées avec des cinéastes exigeants témoignent de la confiance que lui accordent les professionnels les plus reconnus du cinéma français et international.
Fidèle sociétaire de la Comédie-Française, Benjamin Lavernhe s'engage activement pour la transmission du répertoire classique auprès de nouveaux publics, notamment à travers des captations et des adaptations radiophoniques diffusées par la maison de Molière. Il s'est exprimé publiquement sur des sujets de société sensibles, notamment en évoquant son émotion et son indignation face à des affaires touchant des personnalités du monde du spectacle. Il participe régulièrement à des actions de médiation culturelle destinées à rapprocher le théâtre classique d'un public plus jeune ou éloigné des salles institutionnelles. Son travail sur des rôles évoquant le handicap, comme dans Le Goût des merveilles, témoigne d'une attention portée à la représentation de la différence à l'écran. Il soutient également, de manière discrète, diverses initiatives en faveur de la formation des jeunes comédiens issus de milieux moins favorisés. Son parcours, marqué par une ascension progressive et exigeante, illustre une conception du métier fondée sur le travail collectif et la transmission.