Shintaro Mitani est un réalisateur et scénariste japonais né le 12 juin 1985 à Osaka, figure montante du cinéma indépendant japonais des années 2020. Formé à l'université des arts d'Osaka, il commence sa carrière en réalisant plusieurs courts métrages remarqués dans les festivals japonais, dont "The Last Summer" (2012) qui remporte le prix du meilleur court au Festival de Tokyo. Son premier long métrage, "Riverside Walk" (2021), drame intimiste tourné dans les rues de Tokyo, impose immédiatement sa singularité et lui vaut une première reconnaissance critique, étant sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes. Ce film, qui explore les thèmes de la mémoire et de la transmission à travers le portrait d'une famille sur trois générations, marque le début d'une carrière prometteuse. Parallèlement, il réalise des clips musicaux et des publicités qui confirment son sens de l'image et du rythme. En 2023, il présente "The Hidden Town" au Festival de Locarno, un drame social qui confirme sa maîtrise du récit complexe et de la direction d'acteurs. Son œuvre la plus récente, "Between Two Worlds" (2025), explore les liens entre mémoire individuelle et histoire collective à travers le portrait d'une famille sur trois générations. Il enseigne parallèlement le cinéma à l'université d'Osaka, transmettant aux jeunes cinéastes son approche exigeante et sensible du septième art.
Shintaro Mitani cite parmi ses influences majeures les cinéastes japonais comme Hirokazu Kore-eda et Naomi Kawase, dont l'ancrage social et la justesse des portraits ont profondément marqué sa propre vision du cinéma. Il reconnaît aussi l'influence du cinéma taïwanais contemporain, notamment les œuvres de Hou Hsiao-hsien et Edward Yang, pour leur capacité à conjuguer ancrage social et dimension poétique. Le cinéma de Yasujirô Ozu, en particulier "Voyage à Tokyo" et "Fin d'automne", a nourri son approche du cadre et du temps cinématographique. Il s'inspire également de la littérature japonaise contemporaine, en particulier les romans de Banana Yoshimoto et Hiromi Kawakami, pour leur exploration de la mélancolie moderne. Le cinéma d'Apichatpong Weerasethakul, en particulier "Oncle Boonmee" et "Cemetery of Splendour", occupe une place importante dans ses références, pour sa capacité à brouiller les frontières entre réalité et imaginaire. Son travail se veut héritier de cette tradition du cinéma asiatique contemplatif, qui refuse les conventions au profit d'une exploration audacieuse de l'humain.
Le cinéma de Shintaro Mitani se caractérise par une approche contemplative et stylisée, mêlant réalisme social et poésie du quotidien dans des compositions qui doivent autant à la peinture qu'au cinéma. Il travaille souvent avec des cadres fixes et des plans longs qui laissent le temps aux situations de se déployer, créant un rythme contemplatif qui invite à la réflexion. La lumière naturelle joue un rôle essentiel dans son travail, qu'il capte avec sensibilité pour créer des ambiances changeantes au fil des saisons. Le son est traité avec une attention particulière, les bruits du quotidien devenant des éléments narratifs à part entière qui enrichissent l'immersion sensorielle. Sa mise en scène, d'une grande rigueur formelle, refuse tout effet gratuit et privilégie la justesse du cadre et du jeu d'acteur. Sa direction d'acteurs repose sur la confiance et la patience, créant un espace de liberté où chacun peut apporter sa sensibilité au projet.
Shintaro Mitani a reçu plusieurs distinctions importantes pour son travail, témoignant de la reconnaissance critique de son œuvre. "Riverside Walk" a été sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes en 2021 et a remporté le prix FIPRESCI. Le film a également été nommé dans plusieurs catégories aux Japanese Academy Awards en 2022. En 2023, il a reçu le prix du meilleur jeune réalisateur lors du Festival de Tokyo pour "The Hidden Town". "Between Two Worlds" a été sélectionné en compétition officielle au Festival de Locarno en 2025 et a reçu un accueil critique enthousiaste. Il a par ailleurs reçu le prix de la relève cinématographique lors du Festival du film asiatique de Deauville en 2022. Bien que sa carrière soit encore jeune, il est déjà considéré comme l'une des voix les plus prometteuses du cinéma japonais contemporain.
Le directeur de la photographie Akiko Ashizawa travaille avec Shintaro Mitani depuis ses débuts, apportant une contribution essentielle à l'identité visuelle de ses films par son travail sur la lumière naturelle. L'actrice Sakura Ando, figure du cinéma japonais, a participé à plusieurs de ses longs métrages, devenant une figure récurrente de son univers cinématographique. Le monteur Ryûichi Sakamoto, collaborateur de longue date, contribue à façonner le rythme particulier de ses films, fait de retenue et de patience. Le compositeur Gontiti signe régulièrement les musiques de ses réalisations, créant des partitions qui s'intègrent parfaitement à l'esthétique sonore de ses films. La productrice Yoko Kanno défend ses projets avec conviction depuis ses débuts, permettant la réalisation de films exigeants dans un contexte industriel souvent difficile.
Les relations familiales, dans toute leur complexité et leurs non-dits, constituent le cœur de l'œuvre de Shintaro Mitani, qui explore avec sensibilité les liens entre parents et enfants, frères et sœurs, avec une acuité psychologique remarquable. La question de la mémoire et de la transmission, particulièrement dans le Japon contemporain, nourrit ses personnages, souvent tiraillés entre passé et présent. Les paysages japonais, avec leurs rivières et leurs forêts mélancoliques, occupent une place essentielle dans ses récits, devenant un personnage à part entière. La solitude et l'isolement, particulièrement dans les grandes villes, sont des motifs récurrents abordés avec empathie et sans jugement. Les saisons et les cycles naturels jouent un rôle symbolique important dans ses récits, marquant le passage du temps et les transformations intérieures des personnages. Enfin, la résilience et la capacité de reconstruction face aux épreuves de la vie constituent le fil rouge de ses personnages, toujours animés par une forme d'espoir discret mais tenace.