Né en 1961 en Ukraine, alors qu'elle faisait partie de l'Union soviétique, Sergeiy Mokritskiy grandit dans une famille de militaires avant de s'orienter vers des études de cinéma à Moscou. Il débute comme cameraman et chef opérateur sur de nombreux tournages soviétiques, développant un regard précis sur la lumière et le cadre. Il passe à la réalisation dans les années 2000, se faisant remarquer par des séries télévisées historiques à grand budget. La reconnaissance internationale arrive en 2013 avec Stalingrad, un film de guerre colossal qui devient le plus gros succès commercial du cinéma russe post-soviétique. Depuis, il alterne entre superproductions patriotiques et œuvres plus personnelles, souvent centrées sur la Seconde Guerre mondiale, période qu'il connaît sur le bout des doigts.
Sergeiy Mokritskiy s'inspire du cinéma soviétique classique, en particulier des œuvres d'Andreï Tarkovski pour la poésie de l'image et de Sergueï Bondartchouk pour l'ampleur épique. Il admire également les films hollywoodiens de guerre, comme Il faut sauver le soldat Ryan de Steven Spielberg, dont il reprend parfois le réalisme frontal. Le cinéma de guerre yougoslave, avec des réalisateurs comme Emir Kusturica, l'influence par son mélange de drame et de folklore. Il reste enfin très attaché à l'école russe de la photographie, qui privilégie les contrastes forts et les compositions picturales.
Le style de Mokritskiy se caractérise par une mise en scène spectaculaire et visuellement flamboyante, où les plans larges alternent avec des gros plans d'une grande intensité émotionnelle. Il aime les mouvements de caméra amples, les travellings qui accompagnent les soldats dans les tranchées, et une photographie aux couleurs saturées, souvent traitées en post-production pour créer une ambiance de peinture de guerre. Sa manière de filmer les batailles est immersive, avec un souci du détail historique qui renforce l'authenticité de ses reconstitutions.
Stalingrad a été nommé par la Russie pour l'Oscar du meilleur film étranger en 2014, sans toutefois être sélectionné dans la shortlist finale. Le film a en revanche remporté plusieurs prix au Festival international du film de Moscou, ainsi que le prix du public au Festival de Shanghai. Sergeiy Mokritskiy a également reçu le prix Nika du meilleur réalisateur pour son téléfilm sur la bataille de Koursk.
Le réalisateur travaille souvent avec l'acteur Sergei Puskepalis, qui incarne des figures d'autorité dans plusieurs de ses films. Il a également une collaboration fidèle avec le directeur de la photographie Dmitriy Yashonkov, qui l'accompagne depuis ses débuts comme chef opérateur. Le compositeur Igor Matvienko, spécialiste des bandes originales militaires et patriotiques, signe régulièrement la musique de ses films.
L'héroïsme et le sacrifice des soldats russes pendant la Seconde Guerre mondiale sont les thèmes centraux de l'œuvre de Mokritskiy. Il s'intéresse à la mémoire collective, au devoir de souvenir, et à la manière dont les conflits façonnent les identités nationales. La question de la fraternité d'armes, souvent traversée par des rivalités et des trahisons, est également récurrente.