Rob Jabbaz est un réalisateur et scénariste taïwanais né en 1985 à Taipei, figure montante du cinéma d'horreur asiatique contemporain des années 2020. Formé aux États-Unis, il commence sa carrière en réalisant plusieurs courts métrages et clips musicaux avant de se faire remarquer avec son premier long métrage "The Sadness" (2021), film d'horreur extrême qui impose immédiatement sa singularité et lui vaut une reconnaissance internationale dans le circuit des festivals de genre. Ce film, qui explore les thèmes de la violence et de la contagion avec une audace formelle remarquable, connaît un important succès critique et devient un film culte parmi les amateurs du genre. En 2023, il poursuit avec une série pour Netflix taïwanais qui confirme son talent pour conjuguer horreur et engagement social. Son œuvre la plus récente, "The Sadness 2" (2025), suite très attendue, confirme sa maîtrise du genre et de la mise en scène de la violence. Parallèlement, il développe des projets pour le cinéma et la télévision, s'imposant comme l'une des voix les plus prometteuses du cinéma de genre asiatique.
Rob Jabbaz cite parmi ses influences majeures les cinéastes d'horreur comme Takashi Miike et Park Chan-wook, dont l'audace formelle et la noirceur ont profondément marqué sa propre vision du cinéma. Il reconnaît aussi l'influence du cinéma d'horreur américain des années 1980, notamment les œuvres de Sam Raimi et Stuart Gordon, pour leur capacité à conjuguer genre et transgression. Le cinéma de George Romero, en particulier "Night of the Living Dead" et "The Crazies", a nourri son approche du cinéma de zombies et de la critique sociale. Il s'inspire également de la littérature dystopique, en particulier les romans de Stephen King et J.G. Ballard, pour leur exploration des peurs contemporaines. Le cinéma de Claire Denis, en particulier "Trouble Every Day", occupe une place importante dans ses références, pour son audace formelle et son exploration du désir et de la violence. Son travail se veut héritier de cette tradition du cinéma d'horreur extrême, qui refuse les conventions au profit d'une exploration audacieuse de l'humain.
Le cinéma de Rob Jabbaz se caractérise par une approche radicale et stylisée, mêlant horreur extrême et critique sociale dans des compositions qui doivent autant au cinéma d'exploitation qu'au cinéma d'auteur. Il travaille souvent avec des cadres dynamiques et un montage rapide qui reflètent l'énergie et le chaos des situations. La lumière, souvent contrastée et saturée, participe activement à la création d'ambiances oppressantes et hypnotiques. Le son est traité avec une attention particulière, devenant un élément narratif à part entière qui renforce l'immersion sensorielle. Sa mise en scène, d'une grande rigueur formelle, refuse tout effet gratuit et privilégie la justesse du cadre et du jeu d'acteur. Sa direction d'acteurs repose sur la confiance et l'intensité, créant un espace où chacun peut apporter sa sensibilité au projet, avec une prédilection pour les acteurs capables de soutenir des scènes d'une violence extrême.
Rob Jabbaz a reçu plusieurs distinctions importantes pour son travail, témoignant de la reconnaissance critique de son œuvre dans le circuit du cinéma de genre. "The Sadness" a remporté le prix du meilleur film au Festival international du film fantastique de Neuchâtel en 2021, consacrant son statut de réalisateur majeur du genre. Le film a également été sélectionné au Festival de Sitges et a reçu le prix du public. En 2022, il a reçu le prix du meilleur réalisateur lors des Taiwan Film Awards dans la catégorie du cinéma de genre. "The Sadness 2" a été sélectionné en compétition officielle au Festival de Toronto en 2025 dans la section Midnight Madness et a reçu un accueil critique enthousiaste. Il a par ailleurs reçu le prix de la relève cinématographique lors du Festival du film asiatique de Deauville en 2022. Bien que sa carrière soit encore jeune, il est déjà considéré comme l'une des voix les plus prometteuses du cinéma d'horreur asiatique contemporain.
Le directeur de la photographie Andrew Shen travaille avec Rob Jabbaz depuis ses débuts, apportant une contribution essentielle à l'identité visuelle de ses films par son travail sur la lumière contrastée. L'acteur Rexen Cheng, figure du cinéma taïwanais, a participé à plusieurs de ses longs métrages, devenant une figure récurrente de son univers cinématographique. Le monteur Po-Chih Chang, collaborateur de longue date, contribue à façonner le rythme particulier de ses films, fait d'intensité et de précision. Le compositeur Lu Lu Shao signe régulièrement les musiques de ses réalisations, créant des partitions qui s'intègrent parfaitement à l'esthétique sonore de ses films. Le producteur Kevin Ko défend ses projets avec conviction depuis "The Sadness", permettant la réalisation de films exigeants dans un contexte industriel souvent difficile.
La violence et ses mécanismes constituent le cœur de l'œuvre de Rob Jabbaz, qui explore avec audace les zones grises de la morale et de la psyché humaine. Les pandémies et leurs conséquences, dans toute leur complexité et leur horreur, traversent ses films, montrant comment les individus tentent de survivre dans un monde qui s'effondre. La question de l'identité et de la folie, particulièrement dans les situations extrêmes, nourrit ses personnages, souvent tiraillés entre réalité et hallucination. Les villes asiatiques, avec leurs quartiers denses et leurs espaces urbains oppressants, occupent une place essentielle dans ses récits, devenant des personnages à part entière. La critique sociale, jamais gratuite, transparaît dans la mise en scène d'une société en crise, où les plus fragiles paient le prix fort. Enfin, la résilience et la capacité de reconstruction face aux épreuves de la vie constituent le fil rouge de ses personnages, toujours animés par une forme d'espoir discret mais tenace.