Né le 1er juillet 1971 à Besançon, Raphaël Jacoulot étudie d'abord la peinture et la vidéo aux Beaux-Arts de sa ville natale avant d'intégrer le département réalisation de La Fémis en 1997, dont il sort diplômé en 2001. Dès 2000, il réalise La Lisière, un court métrage présenté au festival Entrevues de Belfort et au Festival du film britannique de Dinard, puis Le Ravissement en 2001, moyen métrage sélectionné à la Semaine de la Critique à Cannes ainsi qu'aux festivals Premiers Plans à Angers et Côté Court à Pantin. Son premier long métrage, Barrage, sort en 2006 et est présenté dans les festivals de Berlin et de Namur. Il lui faut ensuite plusieurs années pour mener à bien son second long métrage, Avant l'aube, sorti en 2011 avec Vincent Rottiers, Sylvie Testud, Ludmila Mikaël et Jean-Pierre Bacri, un thriller salué par la critique mais qui ne rencontre qu'un succès public modeste. En 2015, il revient avec Coup de chaud, porté par Jean-Pierre Darroussin et Grégory Gadebois, avant de signer L'Enfant rêvé en 2020, dont la sortie coïncide malheureusement avec la fermeture des salles liée à la pandémie de Covid-19. Il prépare aujourd'hui un nouveau long métrage, Traverser l'orage.
Formé à l'origine aux arts plastiques avant de se tourner vers le cinéma, Raphaël Jacoulot conserve dans sa mise en scène un sens marqué de la composition visuelle hérité de ses années aux Beaux-Arts. Son passage par La Fémis, école reconnue pour son exigence dans l'apprentissage de la mise en scène, a nourri une approche rigoureuse et maîtrisée du récit. Le cinéma social et psychologique français, attentif aux tensions souterraines entre les êtres, irrigue une bonne partie de son travail, tout comme le goût du thriller feutré où la menace demeure diffuse plutôt que spectaculaire.
Raphaël Jacoulot privilégie une mise en scène sobre et resserrée, souvent ancrée dans des cadres provinciaux ou ruraux qui accentuent l'huis clos psychologique de ses récits. Ses films avancent par une tension progressive, où les rapports de pouvoir et les non-dits entre les personnages priment sur l'action visible. Il travaille volontiers avec des comédiens capables d'incarner une ambiguïté morale, laissant le spectateur dans l'incertitude quant aux intentions réelles de ses protagonistes. Cette approche du thriller intimiste, plus proche du drame psychologique que du polar classique, constitue la signature de son cinéma.
Le travail de Raphaël Jacoulot a surtout été reconnu par une présence répétée dans de grands festivals internationaux, avec des sélections à Cannes, à Berlin et à Namur pour ses différents films, plutôt que par de grandes récompenses compétitives. Cette reconnaissance festivalière constitue la principale distinction de son parcours de cinéaste.
Le scénariste et dialoguiste Jean-Michel Fête a accompagné Raphaël Jacoulot sur plusieurs de ses films, notamment Barrage et L'Enfant rêvé. Il a également retrouvé à plusieurs reprises des actrices comme Faiza Kaddour et Ludmila Mikaël, ainsi que des comédiens reconnus du cinéma d'auteur français tels que Jean-Pierre Bacri, Jean-Pierre Darroussin ou Grégory Gadebois, qui ont porté ses récits sur plusieurs films successifs.
Les films de Raphaël Jacoulot explorent souvent des huis clos familiaux ou professionnels où la loyauté et la trahison se mêlent étroitement. La province française, loin de l'agitation urbaine, sert de décor récurrent à des intrigues marquées par la culpabilité et le secret. Le poids du silence et des non-dits entre les personnages, ainsi que la façon dont un événement en apparence anodin peut faire basculer des vies entières, structurent une grande partie de son œuvre.