Né le 20 mars 1975 en Caroline du Nord de parents immigrés iraniens, Ramin Bahrani étudie à l'université Columbia, où il rencontre l'écrivain Aravind Adiga au sein d'un groupe d'amis passionnés de littérature et de cinéma. Il réalise son premier long métrage remarqué, Man Push Cart, en 2005, portrait d'un vendeur ambulant pakistanais à New York, salué du prix de la critique FIPRESCI au Festival du film de Londres. Il poursuit avec Chop Shop en 2007 puis Goodbye Solo en 2008, récompensé à son tour du prix FIPRESCI à la Mostra de Venise, films qui lui valent d'être qualifié par le critique Roger Ebert de « nouveau grand réalisateur américain », puis de « réalisateur de la décennie » en 2010. Il élargit son audience avec des distributions plus connues sur At Any Price en 2012 et 99 Homes en 2014, ce dernier récompensé du Grand Prix au Festival du cinéma américain de Deauville. En 2018, il réalise pour HBO le téléfilm Fahrenheit 451 avec Michael B. Jordan, nommé à cinq Emmy Awards. En 2021, il adapte et réalise Le Tigre blanc pour Netflix, d'après le roman de son ami Aravind Adiga, qui lui vaut une nomination à l'Oscar du meilleur scénario adapté.
La découverte du film Mean Streets de Martin Scorsese en dortoir universitaire, en compagnie d'Aravind Adiga, marque un moment fondateur pour Bahrani, qui développe dès cette période son goût pour les récits ancrés dans des existences marginales et laborieuses. Son identité d'enfant d'immigrés iraniens nourrit directement sa sensibilité aux personnages d'immigrants et de travailleurs précaires, qu'il met en scène avec une empathie constante tout au long de sa filmographie, de Man Push Cart au Tigre blanc.
Bahrani privilégie un réalisme social rigoureux, souvent tourné dans des décors réels et avec des non-professionnels dans ses premiers films, avant d'évoluer vers des productions plus ambitieuses sans jamais renoncer à cette exigence de vérité documentaire. Il assure fréquemment lui-même le montage de ses films, une implication qui témoigne de son souci constant de la justesse narrative et du rythme, y compris sur des sujets aussi différents que la crise des saisies immobilières ou l'ascension sociale en Inde contemporaine.
Ramin Bahrani est nommé à l'Oscar du meilleur scénario adapté en 2021 pour Le Tigre blanc, distinction également saluée par des nominations aux BAFTA et au WGA Award. Il reçoit le prix de la critique FIPRESCI au Festival du film de Londres pour Man Push Cart en 2005 et à la Mostra de Venise pour Goodbye Solo en 2008, ainsi que le Grand Prix du Festival du cinéma américain de Deauville pour 99 Homes en 2015. Il est par ailleurs lauréat d'une bourse Guggenheim en 2009 et son œuvre fait l'objet d'une rétrospective au Museum of Modern Art de New York la même année.
L'écrivain Aravind Adiga, ami de longue date rencontré à Columbia, lui dédie son roman Le Tigre blanc avant que Bahrani n'en assure lui-même l'adaptation à l'écran. L'acteur Michael Shannon apparaît dans plusieurs de ses films, dont At Any Price et 99 Homes, tandis que la productrice Ava DuVernay coproduit Le Tigre blanc à travers sa société ARRAY.
La précarité économique et sociale, incarnée par des personnages issus de l'immigration ou des classes populaires américaines, structure l'ensemble de la filmographie de Ramin Bahrani, de Man Push Cart à 99 Homes. L'ascension sociale à tout prix et ses compromissions morales, explorées frontalement dans Le Tigre blanc, prolongent une réflexion déjà présente dans son cinéma américain sur les dérives du rêve de réussite individuelle.