Né le 15 novembre 1965 à Paris au sein d'une ancienne famille noble, Philippe de Chauveron se forme au cinéma à l'École supérieure d'études cinématographiques, dont il sort diplômé en 1986. Il débute comme scénariste pour d'autres réalisateurs, signant notamment le scénario des Truffes de Bernard Nauer, dont il assure aussi la photographie, avant de passer lui-même à la réalisation en 1999 avec Les Parasites. Il y retrouve une troupe d'acteurs fétiches qu'il réemploiera par la suite, puis enchaîne avec L'Amour aux trousses en 2004. Le succès populaire arrive avec l'adaptation de la bande dessinée L'Élève Ducobu en 2010, suivie de sa suite l'année d'après. Le tournant décisif de sa carrière survient en 2014 avec Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?, comédie sur le choc des cultures au sein d'une famille française qui rencontre un triomphe inattendu avec plus de douze millions d'entrées. Il poursuit avec Débarquement immédiat, À bras ouverts et plusieurs suites du Bon Dieu, s'imposant comme l'un des réalisateurs français les plus performants au box-office depuis le début du XXIe siècle.
Chauveron puise son inspiration dans la comédie populaire française et dans la tradition du théâtre de boulevard, où le quiproquo et l'affrontement des caractères servent de moteur comique. Ses années passées comme scénariste pour d'autres cinéastes, notamment sur Neuilly sa mère !, lui permettent d'observer de nombreux mécanismes d'écriture avant de développer sa propre patte. Il collabore étroitement avec son frère Marc de Chauveron, coscénariste de plusieurs de ses films, ce qui nourrit une écriture à quatre mains attentive au rythme des dialogues. Les questions de cohabitation entre classes sociales et communautés infusent ainsi une grande partie de son œuvre postérieure.
Le cinéaste privilégie une mise en scène efficace et lisible, entièrement au service du rythme comique et de la performance des acteurs. Il aime réunir une distribution mêlant vedettes confirmées et jeunes talents, qu'il dirige souvent sur plusieurs films consécutifs. Sa méthode consiste à pousser les situations de choc culturel jusqu'à la caricature assumée, quitte à susciter la polémique, dans le seul but de faire rire un très large public. Il travaille volontiers en franchise, développant des suites qui approfondissent les mêmes personnages et les mêmes dynamiques familiales.
Philippe de Chauveron n'a pas été récompensé par les grandes cérémonies internationales, mais Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? demeure l'un des plus grands succès commerciaux du cinéma français, dépassant les douze millions d'entrées en salles. Cette performance en fait l'un des réalisateurs français les plus rentables du siècle, une reconnaissance essentiellement populaire plutôt que critique ou institutionnelle. Ses films ont également connu un succès notable à l'export en Europe, performance rare pour des comédies françaises.
Christian Clavier est l'acteur le plus associé à sa filmographie récente, ayant porté à lui seul la saga Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? ainsi que le film À bras ouverts. Son frère Marc de Chauveron cosigne l'écriture de plusieurs de ses comédies, formant un véritable duo créatif. Ary Abittan et Medi Sadoun, révélés par le premier volet du Bon Dieu, sont réengagés dans Débarquement immédiat, confirmant la fidélité du réalisateur envers ses interprètes.
Le choc des cultures, qu'il soit religieux, social ou générationnel, structure la quasi-totalité de son œuvre, des Parasites jusqu'aux suites du Bon Dieu. La famille confrontée à l'altérité constitue un autre motif central, souvent traité sur le mode de la confrontation comique plutôt que du drame. L'intégration d'un élément extérieur au sein d'un groupe fermé revient également dans plusieurs films, à l'image de L'Élève Ducobu ou de À bras ouverts.