Né le 3 décembre 1969 dans la province de l'Amdo au Tibet, Pema Tseden étudie le cinéma à Pékin avant de devenir le premier réalisateur tibétain reconnu internationalement à tourner des films entièrement en langue tibétaine. Il signe The Silent Holy Stones en 2005, portrait tendre d'un jeune moine bouddhiste fasciné par la télévision, premier long métrage tibétain de l'histoire du cinéma chinois tourné intégralement en tibétain. Il poursuit avec Old Dog en 2011, puis Tharlo en 2015, portrait en noir et blanc d'un berger confronté à la modernité, salué dans de nombreux festivals internationaux. Il enchaîne avec Balloon en 2019, drame sur le contrôle des naissances dans une famille tibétaine traditionnelle. Il meurt prématurément le 8 mai 2023, laissant une œuvre pionnière pour la représentation du Tibet au cinéma.
Tseden revendique l'influence de la littérature et de la culture tibétaines traditionnelles, qu'il porte à l'écran avec un souci constant d'authenticité linguistique et culturelle. Il cite également l'influence du cinéma d'auteur contemplatif international pour sa manière de filmer les tensions entre tradition bouddhiste et modernisation chinoise. Sa position unique de cinéaste tibétain formé à Pékin nourrit une réflexion constante sur l'identité culturelle et sa préservation face au changement.
Sa mise en scène privilégie la contemplation et une observation minutieuse du quotidien des communautés tibétaines, souvent tournée avec des acteurs non professionnels issus de ces mêmes communautés. Il affectionne les plans longs et une temporalité étirée, reflétant le rythme de vie traditionnel qu'il documente avec tendresse. Sa direction artistique privilégie une sobriété visuelle rigoureuse, refusant tout exotisme touristique dans la représentation du Tibet.
Pema Tseden a reçu de nombreux prix dans des festivals internationaux tout au long de sa carrière, notamment pour Tharlo, présenté et salué à la Mostra de Venise en 2015. Il demeure la figure la plus reconnue internationalement du cinéma tibétain contemporain, ayant ouvert la voie à toute une génération de cinéastes tibétains ultérieurs.
Il a travaillé de façon récurrente avec des acteurs non professionnels issus des communautés tibétaines qu'il mettait en scène, privilégiant l'authenticité à la performance construite.
La tension entre tradition bouddhiste tibétaine et modernisation chinoise constitue le cœur de l'ensemble de son œuvre. La préservation de l'identité culturelle et linguistique tibétaine, menacée par l'assimilation, traverse également la totalité de sa filmographie. Le quotidien simple des communautés rurales tibétaines, filmé avec tendresse et sans exotisme, occupe enfin une place centrale dans son cinéma.