Mateo Gil naît en 1972 en Espagne et débute sa carrière comme scénariste, notamment aux côtés d'Alejandro Amenábar avec qui il coécrit Ouvre les yeux et Mar adentro, deux films marquants du cinéma espagnol contemporain. Cette collaboration précoce lui permet de développer une solide réputation d'auteur avant de passer lui-même à la réalisation. Son premier long métrage, Nadie conoce a nadie, sorti en 1999, confirme son goût pour le thriller psychologique et les intrigues complexes. Il poursuit avec Blackthorn en 2011, western crépusculaire imaginant la fin de vie de Butch Cassidy en Bolivie, salué pour son ampleur visuelle et sa mélancolie. Il explore ensuite la science-fiction avec Realive en 2016, réflexion sur la cryogénisation et l'immortalité. Gil continue depuis de mener une carrière double, entre écriture pour d'autres cinéastes et réalisation de projets personnels exigeants. Son parcours illustre une trajectoire d'auteur complet, aussi à l'aise dans l'écriture que dans la mise en scène.
Gil puise son inspiration dans le thriller psychologique et la science-fiction, genres qu'il affectionne particulièrement pour leur capacité à interroger l'identité et la réalité. Il s'inspire également du western classique américain, dont il reprend et réinvente les codes dans Blackthorn. Sa collaboration précoce avec Alejandro Amenábar a profondément nourri sa sensibilité pour les récits mêlant intime et vertige métaphysique. Il cite par ailleurs l'importance de l'écriture rigoureuse et structurée comme fondement de tout projet cinématographique. Cette double inspiration, entre genre et réflexion existentielle, façonne l'ensemble de son œuvre.
Son style se caractérise par une construction narrative rigoureuse, héritée de son expérience de scénariste, où chaque élément trouve sa place dans l'intrigue globale. Il privilégie une mise en scène élégante et maîtrisée, particulièrement soignée dans le traitement de la lumière et des paysages. Sa direction d'acteurs cherche toujours une grande intériorité, notamment dans ses films les plus mélancoliques. Il aime également explorer les frontières entre les genres, mêlant western, science-fiction et thriller psychologique selon les projets. Cette approche exigeante et réfléchie fait de lui un cinéaste respecté du cinéma espagnol contemporain.
Mateo Gil n'a pas reçu de récompense majeure de type Oscar en tant que réalisateur, mais son travail de scénariste sur Mar adentro a contribué au succès du film, récompensé par l'Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2005. Il reçoit également plusieurs Goya, la plus haute distinction du cinéma espagnol, pour son travail d'écriture. Ces reconnaissances placent Gil parmi les auteurs les plus respectés du cinéma espagnol contemporain, davantage en tant que scénariste que réalisateur.
Gil a formé avec Alejandro Amenábar un duo créatif marquant du cinéma espagnol, coécrivant plusieurs de ses films les plus célébrés. Il a également travaillé avec Sam Shepard sur Blackthorn, élargissant ainsi son réseau de collaborateurs internationaux. Ces collaborations reflètent la double dimension de sa carrière, entre écriture pour d'autres cinéastes et réalisation de projets personnels.
La question de l'identité et de la réalité, souvent brouillée par des dispositifs narratifs complexes, constitue le cœur de son œuvre. Il explore également fréquemment la solitude et la fin de vie, traitées avec une grande mélancolie dans ses films les plus personnels. La frontière entre rêve, mémoire et réalité occupe aussi une place importante dans sa filmographie. Enfin, la quête de rédemption face à un passé douloureux traverse plusieurs de ses récits.