Marc Jarvis est un jeune homme brillant et ambitieux à qui tout sourit, jusqu'au jour où on lui diagnostique une maladie incurable ne lui laissant que quelques mois à vivre. Refusant d'accepter une mort imminente et misant sur les progrès futurs de la science, il prend la décision radicale de cryogéniser son corps en secret. Soixante ans plus tard, en deux mille quatre-vingt-quatre, il devient le tout premier être humain de l'histoire à être réanimé avec succès après une longue léthargie glacée. Mais la réalité technologique de ce nouveau siècle va se révéler être un enfer psychologique.
Ce thriller de science-fiction existentiel est né de la fascination du réalisateur espagnol Mateo Gil pour les avancées de la biotechnologie et le transhumanisme. L'idée originelle a germé en lisant des articles scientifiques sérieux sur la cryogénie et les dilemmes éthiques de l'immortalité artificielle. L'inspiration est venue de la volonté de traiter le voyage dans le temps non pas par une machine, mais par la préservation médicale du corps humain. Le cinéaste a écrit le scénario comme une tragédie intimiste centrée sur la perte d'identité et le deuil impossible du passé. La production a opté pour une esthétique épurée, presque clinique, afin de dépeindre un futur crédible et froid. Le projet a été conçu pour interroger profondément notre rapport à la mortalité.
La presse professionnelle a chaleureusement accueilli le film, louant l'intelligence de son approche philosophique et la beauté de sa mise en scène. Les critiques ont apprécié que l'œuvre évite les clichés du cinéma d'action futuriste pour se concentrer sur le drame psychologique intérieur de l'héroïne. De nombreux journalistes ont salué la performance habitée de Tom Hughes et la délicatesse de Charlotte Le Bon. Du côté du public, les amateurs de science-fiction réflexive ont été conquis par la profondeur des thèmes et la mélancolie poignante du récit. Les spectateurs ont souligné la force émotionnelle du dénouement. Le long-métrage a glané plusieurs distinctions dans des festivals internationaux spécialisés dans le cinéma fantastique.
Le metteur en scène s'est inspiré des écrits philosophiques sur la mémoire et de classiques du cinéma d'anticipation comme « Bienvenue à Gattaca » pour bâtir son univers. Le tournage s'est déroulé en grande partie dans des complexes architecturaux futuristes aux îles Canaries et à Barcelone. Une anecdote de tournage indique que l'acteur Tom Hughes a dû subir de longues séances de maquillage quotidien pour paraître émacié et marqué par les séquelles physiques de la réanimation. L'équipe technique a travaillé en étroite collaboration avec des consultants médicaux pour que les scènes de laboratoire paraissent scientifiquement plausibles. Pour le casting, le choix de Charlotte Le Bon apportait une touche de chaleur humaine essentielle au milieu de cet univers aseptisé.
Le film explore en profondeur les thèmes de la cryogénisation, de l'orgueil scientifique face à la mort et de la solitude absolue du déracinement temporel. Il traite également de la mémoire amoureuse, de l'éthique médicale et de ce qui définit fondamentalement l'âme humaine.
La fin du film est d'une noirceur poignante, montrant Marc Jarvis incapable de s'adapter à ce nouveau monde qui le considère comme une simple propriété scientifique. Réalisant que l'immortalité sans ses proches n'est qu'une prison dorée et artificielle, il prend conscience de la beauté de la finitude humaine. Avec l'aide clandestine d'une infirmière compatissante, il parvient à programmer sa propre fin médicale définitive. Les dernières images le montrent s'éteindre sereinement en se remémorant son grand amour perdu du vingtième siècle. C'est une conclusion puissante qui réhabilite la mort comme une composante essentielle de la liberté.
Le titre international mélange les concepts de réalité et de renaissance, soulignant le réveil concret d'un corps qui doit réapprendre à vivre dans une époque qui n'est pas la sienne.
Le film est devenu une œuvre culte pour les passionnés d'éthique scientifique et sert régulièrement de support pour des débats universitaires sur le transhumanisme.
On peut rapprocher ce drame d'anticipation d'œuvres majeures comme « Mr. Nobody » de Jaco Van Dormael ou « Vanilla Sky » pour sa réflexion sur la réalité et la mémoire.