Né en 1957 à Mexico, Mario Van Peebles est le fils du cinéaste pionnier Melvin Van Peebles, dont il partage très tôt l'univers en apparaissant enfant dans le film culte Watermelon Man en 1970. Après des débuts comme acteur à la télévision et au cinéma durant les années 1980, il passe à la réalisation en 1991 avec New Jack City, thriller urbain sur le trafic de crack à New York, immense succès commercial qui contribue à relancer l'intérêt d'Hollywood pour le cinéma afro-américain contemporain. Il enchaîne avec Posse en 1993, western revisitant l'histoire méconnue des cow-boys noirs de l'Ouest américain, avant de réaliser Panther en 1995, fresque consacrée à la naissance du Black Panther Party, dans laquelle il incarne également son propre père. En 2003, il retrouve Melvin Van Peebles à l'écran pour Baadasssss!, biopic consacré au tournage tumultueux du film fondateur Sweet Sweetback's Baadasssss Song, salué par la critique pour sa sincérité. Il poursuit depuis une double carrière d'acteur et de réalisateur, alternant projets personnels engagés et participations à des productions plus commerciales comme la franchise Space Cowboys ou USS Indianapolis.
Son père, le cinéaste indépendant Melvin Van Peebles, pionnier du cinéma afro-américain avec Sweet Sweetback's Baadasssss Song, constitue l'influence fondatrice et la plus directe de toute sa carrière de réalisateur. L'histoire afro-américaine méconnue ou déformée par le cinéma hollywoodien classique, qu'il s'agisse des cow-boys noirs de l'Ouest ou du Black Panther Party, nourrit une grande partie de ses choix de sujets. Le cinéma de genre populaire des années 1970 et 1980, entre blaxploitation et western revisité, influence également son sens du spectacle et de l'efficacité narrative.
Van Peebles privilégie une mise en scène énergique et engagée, capable de conjuguer le grand spectacle populaire avec un discours social et historique affirmé. Il sait construire des fresques chorales ambitieuses, notamment dans Panther et Posse, où l'histoire collective prime sur le simple divertissement individuel. Sa direction d'acteurs, qu'il pratique également en tant qu'interprète de ses propres films, privilégie une intensité directe et une sincérité revendiquée dans le traitement des enjeux raciaux.
Mario Van Peebles n'a pas été nommé aux Oscars, mais Baadasssss! a reçu un accueil critique très favorable et plusieurs prix dans des festivals indépendants américains pour sa reconstitution du tournage légendaire du film de son père.
Melvin Van Peebles, son père, occupe une place centrale dans sa filmographie, tant comme source d'inspiration que comme acteur, notamment dans Panther et Baadasssss! où Mario l'incarne lui-même à l'écran. Il travaille également à plusieurs reprises avec des distributions chorales issues du cinéma afro-américain contemporain, contribuant à faire émerger de nouveaux visages à l'écran. Sa propre famille, avec plusieurs de ses enfants apparaissant occasionnellement dans ses films, prolonge cette dimension intime et transmise de génération en génération.
L'histoire afro-américaine et ses zones d'ombre, souvent effacées ou déformées par le récit hollywoodien dominant, structurent l'essentiel de son œuvre de réalisateur, de Posse à Panther. La transmission entre père et fils, tant sur le plan artistique que politique, traverse également une large partie de son travail, en particulier Baadasssss!. La violence urbaine et ses racines sociales, abordée frontalement dans New Jack City, complète enfin les grands axes thématiques de sa filmographie engagée.