Magnus von Horn naît en 1983 en Suède et part étudier le cinéma en Pologne, pays qui devient le cadre principal de sa carrière de réalisateur. Son premier long métrage, The Here After, sorti en 2015, explore avec une grande rigueur le retour d'un jeune homme dans sa communauté après un passage en prison, révélant un cinéaste attaché aux tensions sociales et morales. Il poursuit avec Sweat en 2020, portrait d'une influenceuse fitness confrontée à la solitude derrière l'image qu'elle projette, salué pour sa finesse psychologique. Sa carrière atteint une reconnaissance internationale majeure avec The Girl with the Needle en 2024, drame historique inspiré d'un fait divers glaçant survenu au Danemark au début du vingtième siècle. Ce film, tourné dans un noir et blanc saisissant, confirme son statut de cinéaste exigeant et rigoureux. Von Horn continue de développer des projets ambitieux entre la Pologne, la Suède et le reste de l'Europe. Son parcours illustre une trajectoire internationale marquée par une grande cohérence thématique et formelle.
Von Horn puise son inspiration dans le cinéma social scandinave et polonais, connu pour sa rigueur morale et son attention aux marges de la société. Il s'inspire également des faits réels et des affaires criminelles historiques, qu'il transforme en récits d'une grande intensité psychologique. La question du jugement moral et de la rédemption nourrit une large partie de son inspiration narrative. Il cite par ailleurs l'importance de l'esthétique visuelle, notamment le noir et blanc, comme outil de distanciation et d'intensité dramatique. Cette inspiration exigeante et rigoureuse façonne l'ensemble de son œuvre.
Son style se caractérise par une grande rigueur formelle, souvent au service d'atmosphères oppressantes et de tensions morales complexes. Il privilégie une mise en scène épurée, refusant tout effet de dramatisation excessive au profit d'une vérité psychologique sobre. Sa direction d'acteurs cherche toujours une grande intériorité, capable de restituer la complexité morale de ses personnages. Il aime également travailler la texture visuelle de ses films, comme en témoigne l'usage marquant du noir et blanc dans The Girl with the Needle. Cette approche exigeante fait de lui l'un des cinéastes européens les plus respectés de sa génération.
Magnus von Horn reçoit plusieurs récompenses internationales pour The Girl with the Needle, notamment une sélection au Festival de Cannes en 2024, une reconnaissance majeure pour ce film choisi pour représenter le Danemark aux Oscars. Sweat est également présenté à Cannes dans la sélection Un certain regard en 2020, confirmant la constance de sa reconnaissance critique. Ces distinctions placent von Horn parmi les cinéastes européens les plus suivis de sa génération.
Von Horn a collaboré à plusieurs reprises avec des équipes techniques polonaises, notamment des directeurs de la photographie partageant sa sensibilité pour une esthétique rigoureuse et contrastée. Il travaille également avec des scénaristes partageant son intérêt pour les récits inspirés de faits réels. Ces collaborations reflètent son ancrage profond dans l'industrie cinématographique polonaise malgré ses origines suédoises.
Le jugement moral et la rédemption constituent un motif central de son œuvre de réalisateur. Il explore également fréquemment la solitude derrière les apparences, qu'elles soient sociales ou numériques. La violence latente au sein des sociétés en apparence ordonnées occupe aussi une place importante dans sa filmographie. Enfin, la marginalité et l'exclusion sociale traversent l'ensemble de son travail.