Né en 1952, John De Bello se fait connaître dès 1978 avec Attack of the Killer Tomatoes, film indépendant parodique qu'il réalise, coécrit et coproduit avec J. Stephen Peace à partir d'une idée originale de Costa Dillon, pour un budget inférieur à cent mille dollars. Le film, qui détourne avec un humour absurde les codes du film catastrophe et de la série B en mettant en scène une révolte de tomates devenues sentientes, reçoit un accueil critique majoritairement négatif à sa sortie mais développe rapidement un statut de film culte. Fort de ce succès inattendu, De Bello développe la franchise avec trois suites qu'il réalise et produit, Le Retour des tomates tueuses (1988), Les Tomates tueuses contre-attaquent (1991) puis Les Tomates tueuses mangent la France (1992), complétant ainsi une trilogie qui prolonge l'humour absurde et le ton parodique du premier volet. Il étend également l'univers à l'animation en produisant la série télévisée Attack of the Killer Tomatoes diffusée sur Fox Kids entre 1990 et 1991, pour laquelle il compose lui-même la musique du générique. Depuis, il dirige Loma Media, une agence de services créatifs et de marketing basée à San Diego, à travers laquelle il produit publicités, documentaires et campagnes pour des clients variés à travers le monde.
Son goût pour la parodie et le détournement des codes du cinéma catastrophe et de la série B, hérité de la culture populaire américaine des années 1970, façonne l'ensemble de son unique franchise cinématographique. L'esthétique volontairement artisanale et le budget minimal de son premier film témoignent d'une inspiration directement puisée dans le cinéma indépendant à petit budget de son époque, où l'absurdité du concept prime sur les moyens de production.
De Bello développe un humour absurde et volontairement grotesque, fondé sur le décalage total entre la gravité du traitement cinématographique et la nature comique de la menace, de simples tomates devenues meurtrières. Sa mise en scène assume pleinement les limites de ses budgets modestes, transformant les contraintes de production en atouts comiques et en marqueurs d'identité pour la franchise. Il conserve cette approche parodique et volontairement bricolée sur l'ensemble de ses suites, sans jamais chercher à hisser la saga vers une production plus ambitieuse.
Attack of the Killer Tomatoes n'a pas reçu de récompense cinématographique officielle, mais son statut de film culte, entretenu pendant plus de quatre décennies, constitue en soi une forme de reconnaissance durable auprès des amateurs de cinéma parodique et de série B.
J. Stephen Peace, coproducteur et coscénariste du film original ainsi que de plusieurs de ses suites, constitue son collaborateur le plus constant sur l'ensemble de la franchise. Costa Dillon, à l'origine de l'idée fondatrice de la saga, reste également associé à l'univers des Tomates tueuses jusqu'à ses développements les plus récents.
La parodie du cinéma catastrophe et de la science-fiction de série B, poussée jusqu'à l'absurde, constitue le fil conducteur unique et assumé de l'ensemble de son œuvre. La menace improbable venue du quotidien, ici un légume ordinaire devenu source de terreur, structure toute la franchise qu'il a initiée. De Bello s'intéresse enfin à la culture du film culte à petit budget, capable de fédérer un public fidèle sur la durée malgré un accueil critique initial peu favorable.