Dans un futur proche post-apocalyptique où les ressources de la Terre sont totalement épuisées, un ancien soldat d'élite solitaire tente de survivre au milieu de déserts industriels désolés. Il croise la route d'une jeune femme détentrice d'une mystérieuse puce informatique contenant les coordonnées de la dernière oasis d'eau potable de la planète. Traqués par une milice de mercenaires impitoyables aux ordres d'un chef de guerre sadique, ils vont devoir s'allier pour traverser des territoires hautement dangereux. Une course contre la montre s'engage pour sauver ce qu'il reste de l'humanité de l'extinction totale.
Le projet est né de la volonté du réalisateur John De Bello de s'essayer au cinéma d'action de série B en capitalisant sur la grande vague des films de science-fiction post-apocalyptiques des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix. L'inspiration originelle découle d'un scénario écrit rapidement pour exploiter des décors de usines désaffectées et de carrières de pierre californiennes disponibles à moindre coût. Le cinéaste s'est librement inspiré de classiques du genre comme Mad Max ou New York 1997 pour façonner l'univers visuel sombre et violent de son long-métrage. L'idée était de proposer un divertissement d'action pur axé sur les cascades et les affrontements physiques.
La critique professionnelle a accueilli le long-métrage de manière très fraîche à sa sortie, pointant du doigt les faiblesses évidentes du scénario et le manque cruel de budget qui nuisait aux effets spéciaux. Les journalistes ont souvent qualifié le film de pâle copie des classiques du genre, sauvant néanmoins quelques chorégraphies de combats honorables. L'œuvre est restée confinée aux critiques de magazines spécialisés dans le cinéma de genre. Le grand public amateur de cinéma d'action direct-to-video a réservé un accueil discret mais poli au film, qui a trouvé sa place dans les rayons des vidéoclubs de l'époque. Les amateurs de nanars et de séries B musclées y ont trouvé leur compte en termes de scènes de baston et de répliques stéréotypées. Le film n'a cependant jamais percé au box-office général. Le film n'a obtenu aucune distinction ou récompense majeure dans les grands festivals internationaux, son ambition restant purement commerciale et confinée au marché de la vidéo de seconde zone.
John De Bello a adopté un style de mise en scène très brut, multipliant les angles de caméra dynamiques et l'utilisation excessive de fumigènes pour masquer la pauvreté structurelle des décors disponibles. La production a été marquée par des difficultés financières quotidiennes, obligeant l'équipe technique à improviser des costumes futuristes avec des équipements de protection de moto et des pièces de métal de récupération. Le calendrier de tournage était si serré que la plupart des scènes de combat devaient être bouclées en une seule prise. Une anecdote de tournage rapporte qu'une véritable explosion pyrotechnique mal calibrée a accidentellement détruit une partie d'un entrepôt désaffecté où l'équipe tournait sans autorisation officielle complète, provoquant une interruption temporaire des prises de vue. Pour le casting, la production a fait appel à des visages familiers du cinéma d'action à petit budget, James Ryan apportant ses véritables compétences en arts martiaux pour assurer la crédibilité physique des affrontements à l'écran.
Le film aborde les thématiques classiques de la survie en milieu hostile, de la corruption des corporations militarisées et de la rareté de l'eau comme enjeu géopolitique futuriste. Il explore grossièrement le thème de la rédemption du guerrier solitaire et de la résistance citoyenne face à la tyrannie des gangs de motards.
La fin ultra-classique montre le héros parvenant à éliminer le chef des mercenaires lors d'un duel final à mains nues au sommet d'une plate-forme industrielle en ruine. Il parvient à activer le mécanisme de purification de la dernière oasis, offrant ainsi un nouvel espoir de renaissance pour les survivants de la région. Le long-métrage se termine sur le soldat s'éloignant seul vers le soleil couchant, fidèle à son statut de guerrier nomade.
Le titre, qui se traduit par "Aube Noire", symbolise l'arrivée d'une ère sombre et désespérée pour l'humanité après l'effondrement de la civilisation technologique. Il évoque de manière poétique le paradoxe d'un nouveau jour qui se lève sur un monde dévasté par la guerre et la pollution, où la lumière n'apporte que la vision des ruines.
Le long-métrage est aujourd'hui une rareté recherchée par les collectionneurs de cassettes VHS rétro et de cinéma d'action obscur des années quatre-vingt-dix. Il fait parfois l'objet de discussions amusées sur les forums Internet dédiés à la préservation des séries B oubliées.