Né en 1957 à Ixelles en Belgique, Jaco Van Dormael se fait connaître dès 1991 avec Toto le héros, premier long métrage récompensé de la Caméra d'or au Festival de Cannes. Il confirme ce succès en 1996 avec Le Huitième Jour, qui met en scène l'amitié entre un cadre en crise et un jeune homme trisomique, incarné par Pascal Duquenne, lequel partage avec Daniel Auteuil le prix d'interprétation masculine à Cannes. Après plus d'une décennie d'absence du long métrage, il revient en 2009 avec Mr. Nobody, fresque sur les vies possibles d'un même homme, portée par Jared Leto. Il signe ensuite Le Tout Nouveau Testament en 2015, comédie fantaisiste dans laquelle Dieu vit à Bruxelles, avec Benoît Poelvoorde et Catherine Deneuve. Son cinéma, rare mais toujours attendu, se distingue par une grande liberté formelle et narrative.
Van Dormael revendique une fascination pour le hasard, le destin et les embranchements possibles d'une vie, une préoccupation présente dès Toto le héros et développée pleinement dans Mr. Nobody. Son frère, le compositeur et guitariste Pierre Van Dormael, a profondément influencé l'atmosphère musicale de ses premiers films, avant sa disparition en 2005. La question du handicap et de la différence, abordée avec tendresse dans Le Huitième Jour, traverse également son regard de cinéaste, nourri par une attention particulière portée aux personnages hors normes.
Son cinéma se caractérise par une grande inventivité visuelle, mêlant fantaisie, onirisme et construction narrative éclatée, en particulier dans Mr. Nobody où les lignes temporelles s'entrecroisent librement. Il aime brouiller les frontières entre réalisme et conte, donnant à ses films une tonalité à la fois poétique et mélancolique. Sa direction d'acteurs privilégie une forme de vérité émotionnelle, y compris auprès d'interprètes non professionnels comme Pascal Duquenne.
Toto le héros a reçu la Caméra d'or au Festival de Cannes en 1991. Le Huitième Jour a valu à Daniel Auteuil et Pascal Duquenne le prix d'interprétation masculine ex-aequo au Festival de Cannes en 1996.
Pascal Duquenne, révélé dans Le Huitième Jour, reste associé à cette période de sa filmographie. Son frère Pierre Van Dormael a composé la musique de ses premiers films, une collaboration familiale marquante jusqu'à la disparition du musicien.
Le hasard, le destin et les vies parallèles qu'aurait pu vivre un même personnage structurent une large part de son œuvre, de Toto le héros à Mr. Nobody. La différence et le handicap, abordés sans misérabilisme, occupent également une place importante, notamment dans Le Huitième Jour. Une forme de fantaisie mêlée de mélancolie, entre conte et réalisme, caractérise enfin l'ensemble de sa filmographie.