Élie Semhoun, dit Élie Semoun, naît le 16 octobre 1963 à Paris, dans le treizième arrondissement. Passionné très tôt de littérature, il écrit dès l'âge de dix-sept ans deux recueils de poèmes et deux pièces de théâtre, avant de rejoindre la troupe de Roger Louret où il fait la rencontre de Muriel Robin. Après un rôle récurrent dans la sitcom Vivement lundi ! à la fin des années 1980, il fait véritablement ses débuts d'humoriste en 1990 aux côtés de Dieudonné, avec qui il forme un duo comique aussi corrosif que populaire. Le tandem triomphe au Splendid, au Casino de Paris et au Palais des Glaces, avant de se séparer en 1997 pour des divergences artistiques. Élie Semoun poursuit alors une carrière solo couronnée de succès, entre ses spectacles au Palais des Glaces puis à l'Olympia et ses sketchs des Petites Annonces, coécrits et interprétés avec Franck Dubosc. Parallèlement à sa carrière de scène, il multiplie les apparitions au cinéma et prête sa voix à des personnages emblématiques comme Sid dans L'Âge de glace ou Cubitus dans les Astérix réalisés par Alexandre Astier. Sa popularité grandit encore avec la saga Ducobu, dont il devient la tête d'affiche avant de passer lui-même à la réalisation pour les troisième et quatrième volets, sortis en 2020 et 2022. En 2020, il coréalise également le documentaire Mon Vieux, consacré aux conséquences de la maladie d'Alzheimer de son propre père.
Sa complicité de longue date avec Franck Dubosc, initiée dès l'époque des Petites Annonces, a durablement influencé son écriture comique, faite de contrastes et de personnages hauts en couleur. Sa rencontre avec Dieudonné au début des années 1990 reste également une influence fondatrice, le duo ayant façonné un humour qui abordait frontalement des sujets alors considérés comme tabous. Sa passion précoce pour l'écriture, la poésie et le théâtre, révélée dès l'adolescence, continue de nourrir son sens du texte et du personnage. L'épreuve intime de la maladie de son père a enfin directement inspiré son passage au documentaire avec Mon Vieux.
En tant que réalisateur, Élie Semoun privilégie une comédie familiale accessible, portée par des personnages excentriques et immédiatement reconnaissables. Sa mise en scène des Ducobu s'appuie sur un comique de situation hérité de ses propres années de sketchs, avec un sens affirmé du rythme comique. Son incursion dans le documentaire avec Mon Vieux révèle en revanche une sensibilité beaucoup plus pudique et intime, éloignée de la comédie qui a fait sa réputation.
Élie Semoun n'a pas été distingué à ce jour par les grandes cérémonies du cinéma français, sa reconnaissance passant davantage par le succès public de ses spectacles et de ses films, à l'image du dernier volet de la saga Ducobu qui rassemble plus d'un million et demi de spectateurs en salles.
Franck Dubosc reste son complice le plus fidèle, avec qui il a coécrit et interprété plusieurs sketchs et spectacles emblématiques. Sa collaboration avec Dieudonné, bien que limitée aux années 1990, demeure la plus marquante de ses débuts. Sur la saga Ducobu, il retrouve le réalisateur Philippe de Chauveron, qui avait mis en scène les deux premiers volets avant que Semoun ne prenne lui-même la relève. Enfin, la documentariste Marjory Déjardin l'accompagne dans la réalisation du film Mon Vieux, consacré à son père.
La comédie populaire et familiale, portée par des personnages hauts en couleur, structure l'essentiel de son travail de réalisateur. La transmission entre générations, abordée avec humour dans ses spectacles mais avec une grande pudeur dans son documentaire, traverse également une partie de son œuvre. L'amitié et la complicité artistique, nouées avec Dieudonné puis avec Franck Dubosc, restent enfin un thème central de tout son parcours.